Communiqué du CCAF - RECONNAISSANCE PAR ISRAEL DU GENOCIDE DES ARMENIENS

Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.

Ce geste, attendu depuis de nombreuses années, constitue une avancée majeure dans l’établissement de la vérité historique face aux pressions, aux intimidations et au négationnisme d’État que la Turquie a érigé en pilier de sa politique étrangère depuis plus d’un siècle.

Cette reconnaissance représente également une indispensable réparation morale envers les 1,5 million de victimes du premier génocide du XXᵉ siècle, ainsi qu’envers leurs descendants, qui n’ont cessé, depuis plus de cent ans, de défendre la mémoire des disparus, la justice et la vérité.

Ce combat demeure d’une brûlante actualité. L’extermination et l’effacement des Arméniens de leurs terres ancestrales ne relèvent malheureusement pas du seul passé. Le nettoyage ethnique du Haut-Karabakh, perpétré par l’Azerbaïdjan en 2023 avec le soutien actif de la Turquie, a rappelé que l’idéologie panturquiste et les politiques de haine continuent de faire peser une menace existentielle sur le peuple arménien.

Il était particulièrement important que l’État d’Israël, né des cendres de la Shoah et porteur d’une mémoire universelle de l’extermination, choisisse de rompre avec les considérations de realpolitik pour désigner ce crime par son nom. Comme l’a déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères, « Il n’est jamais trop tard pour bien faire. » Cette phrase rappelle une évidence : le silence et le déni ne préservent jamais la paix ; ils encouragent au contraire la répétition des crimes.

Par cette décision, Israël renoue avec les valeurs de justice, de vérité et de responsabilité qui ont présidé à sa naissance. En reconnaissant le génocide des Arméniens, il rappelle que la mémoire des victimes ne saurait être subordonnée aux intérêts diplomatiques du moment.

Le CCAF forme enfin le vœu que cette décision historique conduise la Turquie à engager, à son tour, un véritable travail de vérité. Il est temps qu’Ankara cesse de se faire l’héritière politique du négationnisme des dirigeants jeunes-turcs, renonce à glorifier les responsables du génocide et ouvre enfin la voie à une réconciliation fondée sur la reconnaissance des faits, la justice et le respect de la mémoire des victimes.

La reconnaissance de la vérité n’est dirigée contre aucun peuple. Elle est, au contraire, la condition indispensable d’une paix durable entre les nations et de la prévention des crimes de demain.

Bureau National du CCAF


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