Mourad Chikh, proviseur du lycée français à Erevan

Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.

Propos recueillis par Dominique Goubatian


Quel est votre parcours dans l’Education nationale?

Mourad Chikh : J’ai une formation de juriste en droit public. J’ai été conseiller pédagogique d’éducation avant de passer le concours national de chef d’établissement en 2017. Ensuite, j’ai été principal adjoint et principal dans plusieurs collèges de la Loire dont le collège Gambetta à Saint-Etienne qui accueille 900 élèves.


Dès la rentrée prochaine, vous serez à la tête du lycée Anatole France à Erevan. Pourquoi ce choix?

J’ai en effet décidé de donner un nouveau cap à ma carrière. J’ai postulé auprès de l’Agence de l’enseignement français à l’étranger, qui dépend du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, pour diriger un établissement à l’étranger. J’avais coché plusieurs pays comme la Géorgie, la Tchéquie, la Bulgarie ou encore le Vietnam. Mais mon premier choix, celui du cœur, était l’Arménie. Après la présentation de mon projet, j’ai obtenu le poste en Arménie.

Ici, à Saint-Etienne, j’ai une situation très confortable, j’aime beaucoup ce que je fais. Mais j’aime aussi l’Arménie de par mon histoire personnelle. Je suis prêt et très enthousiaste de poursuivre ma carrière en Arménie.


Quel est ce lien avec l’Arménie. Connaissez-vous ce pays?

Non, je ne suis jamais allé en Arménie. Je vais fouler le sol arménien pour la première fois le 15 août prochain. Mais mon ex-épouse est arménienne et j’ai rencontré à travers elle la famille Kizirian à Saint-Chamond. Cette famille était très proche de mes parents. Chez eux, je me sentais comme chez moi. J’ai eu une chance immense de rencontrer ces gens d’une grande ouverture d’esprit, d’une grande tolérance et qui véhiculent des valeurs d’humanisme auxquelles j’adhère. Cette famille généreuse c’est l’image que je me fais de l’Arménie et qui me donne envie de découvrir ce pays.


Quel genre d’établissement scolaire est ce lycée français?

C’est un établissement qui compte 500 élèves de la maternelle à la terminale. Les élèves sont des enfants de Français expatriés et majoritairement des Arméniens. Les cours sont principalement dispensés en français. Les langues comme l’arménien, l’anglais, le russe, tiennent aussi une place importante dans la scolarité. Dès la maternelle, il y a déjà de l’initiation aux langues étrangères. Soixante-dix personnes françaises et arméniennes, avec un niveau de qualification très élevé, travaillent dans cette cité scolaire. Ce lycée est le reflet du lien fort et fraternel qui existe entre la France et l’Arménie.


Durant votre carrière, vous avez dû rencontrer des élèves en provenance d’Arménie. Quel type d’élèves sont-ils ?

Ils ont envie de réussir. Ils sont très respectueux du pays où ils vivent. Ils ont le respect du vivre ensemble. Je n’ai jamais eu de problème.

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