Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle

Commnuniqué du CDCA

Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle

Le CDCA prend acte de la reconnaissance officielle du génocide arménien par le gouvernement israélien.

Nous saluons ceux qui, en Israël, ont porté ce combat de longue date, au premier rang desquels Yair Auron, dont l’œuvre a été décisive pour forger une conscience historique sur cette question.


Cette reconnaissance, nous l’accueillons avec satisfaction mais sans naïveté. Elle intervient dans un contexte de dégradation profonde des relations israélo-turques,  et nous ne pouvons ignorer ce que ce calendrier dit de ses motivations réelles. La reconnaissance du caractère génocidaire d’un tel crime ne peut pas être une monnaie d’échange diplomatique, d’autant plus pour un État tel qu’Israel dont la création même fut une réponse à la Shoah et qui encore aujourd’hui appelle à la solidarité internationale au nom d’un devoir moral.


Nous prenons donc acte de cette reconnaissance. Mais nous attendons désormais de l’État israélien qu’il en prenne toute la mesure, en particulier en organisant la transmission de cette mémoire, en agissant pour mettre un terme aux attaques répétées contre la communauté arménienne de Jérusalem et en coupant court à sa collaboration militaire complice avec l’Azerbaïdjan.

C’est seulement à ces conditions que le gouvernement israélien parviendra à faire de cette reconnaissance plus qu’un coup diplomatique, mais un acte de sincérité et de responsabilité.


Il nous est impossible, dans ce contexte, de ne pas évoquer ce qui se déroule à Gaza. Ce que nous voyons, le siège systématique d’une population civile, les destructions massives, la famine organisée, le déplacement forcé de tout un peuple de sa terre, nous interpelle profondément en tant qu’héritiers d’un génocide. Le peuple arménien sait ce que signifie être effacé, chassé et affamé. C’est précisément parce que nous portons cette mémoire que nous ne pouvons rester silencieux face à la souffrance d’une autre population civile.


Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence les opérations militaires menées au Liban, qui ont causé des destructions considérables et déplacé des populations civiles entières. Si la situation libanaise relève d’une dynamique distincte, elle n’en appelle pas moins, de notre part, une même exigence de respect du droit international et de protection des civils.


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