Clic Clac ! L'école Markarian Papazian devient souvenir au CNMA

Comment conserver la mémoire d’une école à travers les yeux des enfants qui s’apprêtent à la quitter ? Avec « Ici, nos souvenirs commencent », le Centre national de la Mémoire arménienne (CNMA) présente le regard des 27 élèves de CM2 de l’école Markarian Papazian de Lyon. Une exposition photographique qui pose les premières pierres d’archives appelées à grandir au fil des générations. 



Par Hovagim Yerganian 

 

Pendant deux heures, les enfants ont parcouru leur environnement, appareil photo en main. La cour, les bâtiments, les espaces familiers et l’église arménienne Saint-Jacques de Lyon, à proximité immédiate de l’école, sont devenus les sujets de leurs prises de vue. Une seule consigne guidait clairement leur exploration : photographier ce qui appartient à la vie de l’établissement, sans prendre leurs camarades en photo. Pour le reste, ils avaient carte blanche. À eux de choisir ce qui méritait d’être retenu. 

L’idée est née au CNMA : permettre à cette dernière classe de CM2 de laisser une trace de son passage à Markarian Papazian. “ Comment pouvoir créer ses propres archives, sans attendre que les autres le fassent pour soi ? ”. Cette question résume l’ambition du projet, explique Razmig Haboyan, coordinateur culturel du Centre. Il ne s’agissait pas seulement de proposer une activité photographique, mais de donner aux élèves les moyens de participer à la conservation de l’histoire de leur propre école. 

 

Près de 800 clichés pour 27 regards 

Avant la prise de vue, les élèves ont suivi une ou deux courtes séances d’initiation avec le photographe Hervé Tabonnet. Celui-ci leur a présenté quelques principes de cadrage. Curieux et attentifs, les enfants ne s’attendaient pas à participer à un projet de cette nature. 

Chaque élève a reçu un appareil photo jetable et réalisé environ 30 clichés, soit près de 800 images pour l’ensemble de la classe. Il a ensuite fallu sélectionner les photographies pour n’en retenir que 32 pour l’exposition. Selon l’intérêt du regard et la qualité de l’image, les élèves ont pu exposer un ou deux clichés, voire plus rarement, trois. Un catalogue conçu à cette occasion, rassemble une sélection plus large. 

Entre les effets de contraste, les jeux de couleurs et la composition des premiers et arrière-plans, les images témoignent de regards différents sur un même lieu. Les enfants partagent les espaces, mais ne remarquent pas les mêmes détails. L’école apparaît par fragments, à travers leurs choix plutôt que par un inventaire des salles. 

 

Au-delà de l’exposition, une mémoire à transmettre 

Le catalogue constitue un élément essentiel du projet. L’exposition est temporaire, mais le livre est destiné à rester. En effet, il conservera une trace de cette promotion et pourra être consulté lorsque les enfants auront grandi. Pour le CNMA, l’enjeu est de commencer à constituer un fonds documentaire réalisé par les élèves eux-mêmes. 

Ceux-ci ne sont pas seulement les sujets d’un projet conçu par des adultes, car ils contribuent aux documents qui racontent l’histoire de leur établissement. Leurs choix déterminent les lieux photographiés. Les clichés ne résument pas toute l’histoire de Markarian Papazian ; ils documentent un moment précis, vu par une classe sur le point de faire son entrée au collège. 

Razmig Haboyan explique que les élèves ne mesurent peut-être pas encore toute la portée de l’expérience. Celle-ci pourra prendre un autre sens avec le temps. En retrouvant le catalogue dans quelques années, ils reconnaîtront les lieux et redécouvriront ce qu’ils avaient choisi de photographier, et c’est à ce moment-là qu’une image d’antan peut ainsi devenir un document précieux et renvoyer vers des souvenirs, comme une madeleine de Proust. 

 

Des archives qui se poursuivront 

Le projet s’inscrit dans les missions du CNMA autour de la mémoire et de sa transmission. À Markarian Papazian, il documente un lieu d’apprentissage ancré dans la culture arménienne. La cour, les bâtiments et l’église rattachée à l’établissement composent le cadre dans lequel les élèves grandissent. Ces images offrent un témoignage contemporain, à hauteur d’enfant. 

Le CNMA souhaite renouveler l’expérience avec les prochaines promotions de CM2. Chaque année, une nouvelle classe pourrait enrichir les archives photographiques de l’école. Les catalogues permettraient alors de suivre l’évolution des lieux et les regards successifs des élèves. L’expérience artistique deviendrait ainsi un fonds vivant, alimenté par ceux qui fréquentent l’établissement. 

Le projet a mobilisé Estelle Pradal, cheffe d’établissement, Éric Vernin, enseignant de CM2, l’équipe pédagogique et le photographe Hervé Tabonnet. L’OGEA (Organisme de gestion de l’école arménienne Markarian Papazian) et l’ADCARLY (Association pour le développement de la culture arménienne dans la région lyonnaise) ont également contribué à cette initiative. 

L’exposition n’impose pas une lecture unique des images. Chaque photographie reste liée au choix de son auteur et à ce qu’il a voulu garder de son quotidien. Pour les visiteurs, ces points de vue ouvrent une fenêtre sur l’établissement ; pour les élèves, ils constituent un témoignage personnel, qui prendra probablement avec le temps, une tout autre dimension et interprétation. 

 

Infos pratiques 
“ Ici, nos souvenirs commencent “, exposition photographique des élèves de CM2 de l’école Markarian Papazian, promotion 2025-2026.  
Au Centre national de la Mémoire arménienne (CNMA), Décines-Charpieu. Du 2 octobre au 21 novembre. 


  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
par Varoujan MARDIKIAN • 8 novembre 2026
Le débat sur la politique d’éradication de l’entité artsakhiote par l’Arménie a rebondi, à la faveur du sixième anniversaire du déclenchement de la Guerre des 44 jours.
par Varoujan MARDIKIAN • 8 novembre 2026
Le directeur du réseau national turc de transport d’électricité, Mustafa Ustu, s’est rendu le 5 octobre en Arménie pour discuter de l’approvisionnement en électricité entre les deux pays voisins...
par Varoujan MARDIKIAN • 8 novembre 2026
“ Erdogan est un tyran qui héberge également les chefs terroristes du Hamas. Il a fait assassiner des milliers de civils kurdes. Il nie le Génocide des Arméniens. Il emprisonne des journalistes et des leaders de l’opposition. Il occupe illégalement le nord de Chypre, membre de l’Union européenne, et multiplie les provocations à l’encontre de la Grèce, membre de l’OTAN. ”
par Varoujan Mardikian • 8 novembre 2026
La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’est tenue fin septembre à New York, a été l’occasion pour l’Arménie de faire l’éloge de sa politique de normalisation des relations avec l’Azerbaïdjan et la Turquie.
par Varénag TOROSSIAN • 8 novembre 2026
C’est sous un soleil radieux et une nouvelle fois dans le cadre magnifique du Golf Bastide de la Salette, à Marseille, que s’est déroulée, ce 4 octobre 2026, la 15e édition du golf humanitaire organisé par la section marseillaise de la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF).
par Hovagim YERGANIAN • 8 novembre 2026
Pour sa cinquième édition, la course « Ensemble, pas à pas » a rassemblé 157 participants autour de la lutte contre le cancer. Organisée par la section Archag Djamalian de la Croix-Bleue des Arméniens de France (CBAF), en étroite collaboration avec ses divers partenaires, cette initiative s’inscrit dans une démarche de solidarité ouverte à tous.
par Zmrouthe AUBOZIAN • 8 novembre 2026
Le 1er octobre dernier, la Région Auvergne-Rhône-Alpes accueillait à Lyon la deuxième Rencontre économique. Après une première édition en 2024, consacrée à l’établissement d’un partenariat avec la région arménienne du Siounik, menacée par les ambitions territoriales de l’Azerbaïdjan, cette nouvelle rencontre entendait approfondir les relations économiques entre les deux territoires avec un accent particulier sur l’agroalimentaire et l’agritourisme.
par Tigrane YEGAVIAN • 8 novembre 2026
LE CRÉPUSCULE ET LA MÉMOIRE Retour à l’hôtel Baron C’est une bâtisse à l’abandon qui se tient là, dans la rue Baron, au cœur d’un quartier qui fut autrefois l’un des plus animés d’Alep. Naguère, les cinémas où l’on projetait des films indiens côtoyaient les agences de voyage et les commerces. Un peu plus loin se trouve le Musée national. Pendant la guerre, à quelques centaines de mètres à peine, passait la ligne de front.
par Tigrane Yegavian • 8 novembre 2026
Des chrétiens attentistes et inquiets Réservés, attentistes en retrait, les Arméniens jouent la carte de l’entente et de l’harmonie. S’ils sont moins politisés que les Grecs orthodoxes et les Syriaques orthodoxes dont les deux patriarches siègent à Damas, la transition amorcée vers le nouveau pouvoir ouvre de nouvelles perspectives qu’il conviendrait de mettre à profit .
par Mourad Papazian • 8 novembre 2026
Comment peut-on être d’accord avec Nikol Pashinyan ? Il faut appeler les choses par leur nom. En affirmant que la reconnaissance internationale du génocide arménien ne fait pas partie de l’agenda de son gouvernement, Nikol Pashinyan cède à la pression d’Ankara et renonce à défendre, sur la scène internationale, une vérité historique.