Empreintes arméniennes dans les rues de Varsovie

La fastueuse histoire des Arméniens de Pologne n’avait pas pour centre Varsovie. Néanmoins, l’actuelle capitale polonaise conserve ici et là de nombreuses traces de cette présence, à découvrir lors de votre prochain séjour. 

par Rouben Koulaksezian 

 

Dès le XVe siècle, les marchands arméniens installés en Pologne formaient des communautés solidement organisées et comptaient parmi les acteurs les plus influents du commerce régional. 


L’installation d’une communauté arménienne à Varsovie, aujourd’hui capitale de la Pologne, est toutefois plus tardive. À la suite de la guerre polono-ottomane de 1672 à 1676, quelques centaines d’Arméniens originaires de Lwów et de Podolie s’installèrent ainsi dans la ville. 


L’église Saint-Hyacinthe (Konwent św. Jacka), située rue Freta, l’une des plus belles rues du centre historique, servit alors de refuge temporaire à ces familles. Les épitaphes de deux tombes arméniennes y sont encore conservées. Au XVIIIe siècle, une chapelle catholique arménienne fut également (temporairement) aménagée à l’intérieur de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste (Bazylika Archikatedralna św. Jana Chrzciciela), à quelques pas du Palais royal. Une plaque commémorative en mémoire du dernier archevêque arménien de Lwów, Józef Teodorowicz, y a d’ailleurs été inaugurée en 2019. 


Au XVIIIe siècle, plusieurs maisons bourgeoises du centre de Varsovie appartenaient à des familles arméniennes. Parmi elles figurent la Kamienica Ormiańska et la Kamienica Minasowicza, situées respectivement aux numéros 47 et 67 de la rue Krakowskie Przedmieście, ainsi que la maison de Grzegorz Abramowicz, sur la rue Nowy Świat. La famille Minasowicz possédait également la maison Baryczków, sur la place du Marché-de-la-Vieille-Ville (Rynek Starego Miasta). Plus d’une douzaine de maisons de cette célèbre place ont, à un moment ou à un autre, appartenu à des familles arméniennes. 


La Fondation pour la culture et le patrimoine des Arméniens de Pologne (Fundacja Kultury i Dziedzictwa Ormian Polskich), qui joue un rôle central dans la préservation et la valorisation de cet héritage, abrite également un remarquable musée consacré à l’histoire des Arméniens de Pologne, au nord du centre historique. Un véritable coup de cœur. 


Plus au sud de Varsovie, un khatchkar a été érigé en 2014 sur le square arménien (Skwer Ormiański), où le 24-Avril est commémoré chaque année. Un second a été inauguré en 2018 dans les jardins du Temple de la Divine Providence, témoignant de la présence et de la mémoire toujours vivantes de la communauté arménienne dans la capitale polonaise. 

Côté gastronomie, les restaurants Ormianska Petarda et Ararat proposent des spécialités arméniennes dans un cadre traditionnel. Il existe également à Varsovie une chaîne de boulangeries arméno-géorgiennes : Marukyan Bakery.  

 

Conseils de voyage 

• Quand partir ?  

Mai, juin, septembre et octobre offrent généralement le meilleur compromis entre températures agréables, journées encore longues et affluence modérée. 

• Quel circuit prévoir ? 

À environ 2 h 30 de Varsovie, Zamość conserve un remarquable héritage arménien, notamment ses Kamienice Ormiańskie (maisons arméniennes) aux façades colorées sur la place centrale. 


par Norbert SARADJIAN • 23 octobre 2026
Du 10 au 13 septembre dernier, s’est déroulé le premier Tour cycliste d’Arménie classé « World Tour », organisé par l’UCI (Union cycliste internationale), dans la catégorie professionnelle. Une première, même si c’était ici une compétition de « 3e division » à proprement parler !
par Marie-Anne THIL • 23 octobre 2026
C’est l’une des plus petites îles habitées de l’archipel des neuf îles des Princes dans la mer de Marmara au sud-est d’Istanbul. Les Arméniens s’y sont installés vers 1833. A partir des années 1940, l’île va devenir un lieu de villégiature pour la communauté arménienne de Bolis .
par Tigrane YEGAVIAN • 23 octobre 2026
Ce recueil (1) rassemble une quarantaine de textes que le journaliste et historien Jean-Christophe Buisson a consacrés, sur près de trente ans, à ce qu’il appelle son « Est » : les Balkans, la Serbie, la Slovénie, la Roumanie, la Russie, la Sibérie, le Danube, mais aussi l’Arménie. L’ouvrage s’organise en trois ensembles — « Les hommes », « Les fractures » et « Les lieux » — qui dessinent autant de manières d’aborder cet espace.
par Hovagim YERGANIAN • 23 octobre 2026
Du 23 au 25 octobre, l’artiste Gohar Galstyan participera au salon d’art contemporain, Art Shopping Paris, au Carrousel du Louvre. Fondatrice d’Ornamen’t, elle y présentera des œuvres inspirées du patrimoine visuel arménien.
par Zmrouthe AUBOZIAN • 23 octobre 2026
L’artiste franco-arménienne indépendante, Anaïd B., a gagné dans la catégorie « Best of Europe – Chanson » aux InterContinental Music Awards 2026, pour son titre « Le Chant d’Anaïd »
par Annie ARSLAN • 23 octobre 2026
Dans la lignée des chanteuses à la voix chaude, au timbre enveloppant, suave, Almast se positionne doucement mais sûrement dans la sphère artistique musicale française.
par Zmrouthe AUBOZIAN • 23 octobre 2026
Le Saribekyan trio et la chanteuse Sona Umroyan forment un quartet de jazz aux sonorités ethniques et modernes. Une tournée en septembre et octobre a mis à l’honneur toute la richesse de leur univers : un jazz arménien inspiré, mais aussi des relectures des grands standards internationaux, réarrangés dans leur style singulier.
par Louise BASMADJIAN • 23 octobre 2026
En pleine Biennale d’art contemporain, le Chalet du Parc, au cœur du parc de la Tête d’Or à Lyon, accueille sa première résidence artistique. A voir jusqu'en décembre 2026
par Marie SOGHOMONIAN • 23 octobre 2026
Il suffit parfois d’un nom pour rouvrir une histoire. Pour Fred Nevché, de son vrai nom Fred Nevchehirlian, ce mystère est celui de son arrière-grand-père : Loghofète. Un « prénom » singulier, presque énigmatique, devenu le point de départ d’un travail sur la filiation, l’exil et les origines. A voir au Centre du patrimoine arménien (Cpa) de Valence jusqu'au 3 janvier 2027
par Varoujan MARDIKIAN • 23 octobre 2026
Après avoir exploré les ressorts sur lesquels s’appuyer pour métamorphoser le diamant brut qu’est l’expérience arménienne en école de la vie, nous allons examiner les moyens à mettre en œuvre et la stratégie à déployer pour engager le processus de transformation de la Diaspora et exister, par la force des choses, aux yeux de l’Arménie.