UN CHOIX QUI POSE QUESTIONS - EDITORIAL JUILLET AOUT 2026

Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.

Par Harout MARDIROSSIAN


 Un résultat contesté, clairement acquis au prix d’une mobilisation sans précédent des ressources administratives et du budget de l’Etat, le tout payé grassement par l’Occident. Un résultat obtenu aussi en faisant sortir du Parlement « Arménie Prospère » pour au final moins de 50 voix.

Y aura-t-il un 3ème tour dans la rue ? Verra-t-on une unification de l’opposition autour d’Arménie forte de Samvel Karapetian dont le neveu Narek et sans nul doute LA révélation politique de ce scrutin ?


Il est encore trop tôt pour le dire, mais ce qui est sûr, c’est que Nikol Pachinian fera payer très cher à l’opposition pour l’avoir contrarié dans ses plans au risque de transformer son autoproclamé « bastion de la démocratie » en une « dictature vulgaire ». Depuis le scrutin, où il a annoncé sa victoire à 1h du matin avec moins de 10% des bulletins dépouillés, il ne cesse de menacer les dirigeants, les cadres et même les électeurs de l’opposition de représailles y compris physique. Il dénonce des fraudes, alors que pourtant, Contrat civil n’a déposé aucun recours. Paradoxal non !


Mais, pour ceux qui vont aller cet été en Arménie, vous devez bien comprendre qu’une personne sur 2 que vous croiserez dans la rue a voté en faveur de Nikol Pachinian. 1 sur 2 a consciemment choisi d’abandonner l’Artsakh. 1 sur 2 a choisi de mettre de côté le génocide des Arméniens, l’Ararat, les prisonniers détenus à Bakou, les poursuites devant le CIJ pour génocide contre Ilham Aliev. 1 sur 2 a fait le choix de Pétain contre De Gaulle, celui de la capitulation et de la collaboration plutôt que celui de la Résistance et de l’honneur. Le tout pour une paix hypothétique puisque Aliev et Erdogan réclament toujours plus, et menacent encore d’une nouvelle guerre. Ces électeurs auront pour certains le vote honteux, évoqueront les pressions qu’ils ont subi. D’autres assumeront considérant que suivre la voie de l’Ukraine et sortir du giron de la Russie, pour se jeter dans les bras des Etats-Unis, de l’Europe et donc de la Turquie est plus important que les aspirations nationales de l’Arménie. Ceux-là risquent d’avoir le réveil difficile !


1 sur 2 a donc fait un choix, qui engagent toute la nation arménienne, c’est-à-dire qu’ils imposent à la diaspora, sans se soucier le moins du monde de lui demander son avis. Pire, on entend les voix, qui même en France, veulent nous dénier la parole, au nom de l’indépendance de l’Arménie car « nous ne vivons pas sur place, nous ne payons pas nos impôts sur place et que nous n’envoyons pas nos enfants sur le front ».  


Nous sommes les descendants des victimes de deux génocides, celui de 1915 et celui de 2023, résultat de la même haine anti-arménienne, celle du panturquisme. Nous n’avons pas attendu l’indépendance de l’Arménie pour nous battre pour celle-ci, pour son drapeau Yerakouin, pour le Mont Ararat, pour les territoires de l’arbitrage de Wilson. Cette indépendance de l’Arménie, nous l’avons défendu aussi pour certains les armes à la main en Artsakh, à Chouchi, mais aussi dans les enceintes du Parlement européen, de l’ONU, de l’Assemblée nationale française ou du Capitole américain et dans les dons que nous avons fait pour le développement de l’Arménie ou pour lui apporter une aide humanitaire.

Nous sommes enfin des observateurs avisés de la société arménienne. Notre avis n’est donc pas moins légitime, qu’un autre média publié en France ou en Arménie, quoi qu’en disent les nervis du régime Pachinian. Nous ne sommes pas pro-russe, pro-turc, pro-américain ou pro-européen. Nous sommes et resterons Pro-Arménie, dans le même esprit républicain qui régit la vie politique française.


C’est cela la vraie indépendance ! 


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