Alaverdi, entre mines et métallurgie, un territoire en déclin

Les lueurs de l’aube découpent les majestueux contours des derniers contreforts du Petit Caucase. Là-bas, à 70 kilomètres en aval d’Alaverdi, les eaux tumultueuses du Debed rejoindront la Koura, en Azerbaïdjan. Depuis notre appartement joliment aménagé au rez-de-chaussée d’une brezhnevka [Ndlr : immeuble construit sous l’ère de Brejnev], nous apercevons les sommets basaltiques des monts du Lori, dissimulés ça et là par des tuyaux de gaz et des voitures japonaises reconnaissables à l’emplacement du volant. Le Debed coule dans un canyon étroitement encaissé : de part et d’autre le surplombent des replats herbeux, témoins d’anciennes vallées glaciaires surcreusées par les torrents de montagnes. Sur ces terres fertiles suspendues se développèrent des communautés rurales et des monastères, comme Sanahin, joyau culturel des Bagratides du temps de l’Arménie médiévale. 

Alaverdi est une ville industrielle dont les heures de gloire remontent à l’ère des soviets. Les lieux, qui autrefois n’étaient qu’un village de montagne peuplé de Grecs et de Tatars, connurent dans la dernière décennie du XIXe siècle une véritable avancée industrielle sous les coups de baguette des bonnes fées de l’industrie française. La Compagnie Française des Mines d’Akhtala, puis la Société Industrielle et Métallurgique du Caucase rachetèrent trois concessions à proximité d’Alaverdi afin d’en exploiter les gisements polymétalliques. La découverte par les ingénieurs français de nombreuses richesses minérales, telles que de l’or, du cuivre ou de l’argent favorisa le développement de la métallurgie à Alaverdi, où on installa une fonderie. On y ouvrit trois mines : Alaverdi, Shamlugh et Akhtala, distantes de quelques kilomètres chacune. Le développement industriel du Caucase consécutif au bond en avant soviétique lui fut profitable. L’exploitation des gisements reprit après la révolution avec plus de ferveur, contribuant à l’agrandissement de la ville : on y construisit un hôpital, des écoles, un combinat métallurgique et même un téléphérique permettant de relier la ville dans le canyon au village de Sanahin, sur les hauteurs, en quelques minutes. Aujourd’hui, cette installation, rouillée et immobile, n’est plus que le lointain souvenir d’une époque faste, et seule la route qui serpente dans les montagnes, permet de lier les deux localités, pourtant voisines.

Nous sommes venus dans le nord de l’Arménie, Mila Despres et moi-même, dans le cadre d’un terrain de recherche sur la mise en valeur du territoire de l’Arménie par l’Empire russe. Etudiante en master de géographie à la faculté de Nancy, Mila dispose de connaissances géographiques et d’une sagesse qui sont de précieux alliés sur le terrain. Notre arrivée à Alaverdi est marquée par l’impression que nous laissait la profonde déprise industrielle de la ville. De la « capitale du cuivre » qu’était Alaverdi à l’époque soviétique, seule subsiste la fonderie qui a cessé de fonctionner en 2018. Le site semble à moitié abandonné ; par endroits, les anciens locaux du combinat industriel croulent désormais sous la ruine, dépourvus du mobilier le plus simple, et réduit à l’état de murailles fantômes. Nous déambulons entre ces blocs déserts où, parfois entre quelques fenêtres brisées, pend encore du linge, dernier signe d’une présence émiettée qui ne tardera pas, elle non plus, à disparaître. L’atmosphère est pesante et parfois nauséabonde : malgré la fermeture de l’usine, les gaz d’échappement et de chauffage saturent l’air que la basse pression et l’encaissement de la vallée peinent à dissiper. Devant nous, les locaux résidentiels disparaissent : l’usine apparaît clairement, et derrière ses murs indistincts s’érige lourdement une cheminée noirâtre. Elle a été ajustée il y a quelques années, pour évacuer les fumées toxiques loin d’Alaverdi. En vain. Jusqu’en 2018, l’usine, possession du groupe Vallex, produisait quelque 12 000 tonnes de cuivre noir, sur un site obsolète et polluant, largement dépassé par les normes contemporaines. Le taux anormalement élevé de dioxyde de soufre rejeté par le site (38 000 tonnes contre 5 600 tonnes maximum prévues) fut la raison de sa fermeture. Poumon économique de la ville, celle-ci tombe désormais dans la léthargie : entre 80% et 90% de la population y serait au chômage, survivant d’activités plus que précaires. Seule perle au milieu de la désolation apparente, un complexe hôtelier flambant neuf est apparu à proximité de l’usine : le Vallex Garden Hotel, appartenant au même groupe qui possède le combinat métallurgique. Volonté de créer de l’emploi et de redynamiser la ville ? La tentative est louable, d’autant que la route M6, l’une des trois seules à relier l’Arménie et la Géorgie, est un point de passage stratégique à travers le Caucase.

La tension est palpable sur le site. Alors que nous tentons de nous approcher de l’usine, dans laquelle circulent encore de petits groupes de travailleurs, un gardien s’approche de nous. L’accès est interdit, nous fait-il sèchement comprendre. Nous nous éloignons. Mila tente de prendre quelques photos tout de même, mais nous comprenons que nous ne sommes pas les bienvenus. Sentant la situation se tendre, nous préférons quitter les lieux. Le sujet du combinat métallurgique est délicat à Alaverdi : nombreuses sont les familles qui y travaillaient à avoir perdu leur emploi. Certains sont partis en Russie vers de meilleures perspectives. En taxi sur la route entre Alaverdi et Sanahin, je questionne notre chauffeur : “ L’usine fonctionne-t-elle encore ? Qu’advient-il du site ? ”. Ses réponses sont très évasives, il me répond que l’usine ne fonctionne plus, que les gens sont au chômage. Alaverdi se vide, il n’y a plus d’activité. La plupart évitent le sujet. Méfiance vis-à-vis de nous, peur des « saboteurs » ? Ou bien traumatisme lié à la fermeture de l’usine ? Ce phénomène est bien connu en Occident des historiens et des sociologues : les fermetures des mines et usines de Lorraine et du bassin du Nord ont provoqué de graves traumatismes parmi les populations et ont entraîné un grand mutisme. Il a fallu des décennies et au moins deux générations pour que la mémoire se libère et que l’héritage industriel soit mis en lumière. Les traumatismes collectifs sont longs à guérir.

Nous rentrons à l’hôtel.


Le lendemain, les nuages se sont dissipés. Nous nous rendons en autostop à Akhtala, située à13 kilomètres en aval.

Les lieux ont une tout autre figure : c’est ici qu’en 1887, la Compagnie française des mines d’Akhtala réinvestit de précédents chantiers proto-industriels dans la vague de la grande poussée métallurgique française au sein de l’Empire russe. Aujourd’hui, le site originel n’est plus exploité, hormis une place, en avant des galeries principales, qui sert de dépôt de stationnement aux véhicules miniers encore employés plus haut, sur le site de Shamlugh. Perché sur un éperon, le monastère d’Akhtala domine le paysage de sa stature. Derrière lui, un vallon tombe de la montagne au fond duquel s’écoule un ruisseau : celui-ci collectait les eaux d’exhaure des anciennes mines, et aujourd’hui encore, l’eau qui y coule porte une profusion de sédiments colorés, s’étalant sur un spectre allant du rouge au jaune : on y devine aisément les ions ferreux et cuivreux qui émanent de la montagne. Je réalise une rapide analyse minéralogique. Autour de nous, des haldes, ces crassiers constitués des stériles rejetés par les mineurs, s’appuient contre les parois de la montagne. Gravats déserts et abandonnés par la vie depuis 100 ans maintenant, ils réfléchissent au sol des teintes de violet, d’azur et d’orange : j’y découvre du sulfate de baryum, de l’oxyde de cuivre, ou encore de la galène. La toxicité des éléments chimiques contenus dans les roches en a empêché la végétation de se développer ; nous songeons au sélénium (Se), présent naturellement dans le gisement polymétallique d’Akhtala dont une faible concentration suffit à diminuer considérablement la biomasse. Je récolte quelques échantillons afin d’en faire des analyses plus poussées.

Des trois mines exploitées au début du XXème siècle par les métallurgistes français, seule Shamlugh est encore en exploitation. Possession de l’entreprise arménienne Metal Prince Ltd. Corporation, elle opère sur un gisement polymétallique majoritairement cuprifère très similaire au gîte d’Akhtala. Celle-ci, enregistrée sur l’île caribéenne de Saint-Christophe-et-Niévès, exploite le site de Shamlugh depuis le début des années 2000. Société opaque ne disposant pas de site internet, un certain nombre de ses parts de marché auraient été rachetées par la compagnie russe Nava-Rus sans que le détail des transactions ne soit disponible, selon le site internet Ecolur. L’opacité entourant l’exploitation minière de Shamlugh constitue un obstacle au développement économique de la région : Metal Prince Ltd. était l’un des fournisseurs de minerais du combinat métallurgique d’Alaverdi, détenu par le groupe Vallex et fermé pour cause de pollution importante. Ecolur attire l’attention sur la pollution causée par l’exploitation minière de Shamlugh et les difficultés de traçabilité des responsables. Notons que la dégradation des sols causée par l’exploitation minière il y a plus d’un siècle est encore largement visible sur le paysage ; la pollution des sols et des eaux de ruissellement par des éléments chimiques tels que le plomb, le cadmium ou le sélénium sont des enjeux environnementaux et de santé publique majeurs.

 A 8 kilomètres au sud-ouest d’Akhtala, la mine polymétallique de Teghut exploite principalement le cuivre et le molybdène. Ancienne possession du groupe Vallex, elle appartient désormais à la banque russe VTB qui en a repris les actifs suite à un prêt de 380 millions de dollars non remboursé par Vallex. Aujourd’hui, cependant, VTB ne trouve pas de repreneur et la mine est en activité partielle. Si le minerai extrait à Shamlugh et Teghut était traité au combinat métallurgique d’Alaverdi jusqu’en 2018, la fermeture de ce dernier contraint les mines à exporter la matière brute vers l’étranger. La même année, d’importantes fuites des bassins de décantations de Teghut ont forcé la mine à une fermeture temporaire. Elle ne s’en est réellement jamais remise. L’absence de chaîne locale de traitement des minerais affaiblit considérablement la valeur marchande des produits du secteur minier d’Alaverdi, et condamne la région à dépendre de la fluctuation des cours des matières premières et des entreprises métallurgiques étrangères, principalement russes et géorgiennes.

Poussés par le temps, nous ne pouvons rester longtemps sur le site d’Akhtala. Après quelques heures d’inspection, nous redescendons vers la M6 afin de rejoindre Tbilissi, notre destination suivante.


La conclusion de cette étape à Akhtala est morose. Nous avons pu constater que la déprise industrielle laisse la région dans un état tragique. La fermeture contrainte pour des raisons écologiques du combinat métallurgique et de la mine de Teghut en 2018, ont achevé l’effondrement d’un équilibre déjà fragile. Les emprunts effectués auprès de la banque russe VTB, non remboursés, ont eu pour effet la délocalisation du capital de l’entreprise et la perte de souveraineté industrielle du secteur minier d’Alaverdi. Le gisement polymétallique exploité depuis plusieurs siècles dans le canyon du Debed est encore riche, et l’exploitation pourrait reprendre, sous réserve de trouver un investisseur en mesure de fournir le capital nécessaire à une rénovation totale du combinat et du traitement des eaux des mines. Seule la reprise d’une activité minière et métallurgique respectueuse de l’environnement et de la santé publique pourrait revitaliser Alaverdi et ses environs, offrant une seconde chance à cette région pleine de potentiel. 

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Légende : photo de Mila Despres

Image 1: La fonderie de cuivre d'Alverdi, aujourd'hui à l'arrêt. Photo prise par Mila depuis un pont sur le Debed.

Image 2: Les haldes des mines d'Akhtala. En raison de la toxicité des éléments chimiques présents naturellement dans le gisment, celles-ci restent presque dénuées de végétation plus d'un siècle après la fin de l'exploitation.

Image 3: Moi-même, dans le vallon d'Akhtala, inspectant les sediments cuprifières déposés par le ruisseau. Le précipité jaune-orangé est problamenent lié à la présence d'ions Fe3+ dans les eaux, dû à la forte concentration de pyrites de fer et de chalcopyrites dans les roches.

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Arméno-Iranien, il est cruellement supprimé le 8 mai 1954 et son corps est jeté dans la rivière Jajrood, dans la province de Téhéran. Il meurt à 33 ans. Le grand poète, Ahmad Shamlou, lui consacre un éloge funèbre en 1954, « Vartan », qui résonne encore aujourd’hui. L’Iran des années 1950, raconte, Jean-Pierre Filiu, professeur des universités en histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris, était représenté par “ Le Premier ministre iranien, Mohammad Mossadegh, figure majeure de l'indépendance iranienne ” (1). L’Iran de Mohammad Mossadegh “ Mohammad Mossadegh demeure une figure emblématique de la lutte pour l'indépendance nationale iranienne. Son action la plus marquante fut la nationalisation de l'industrie pétrolière, jusque-là sous le contrôle de l'Anglo-Iranian Oil Company. Cette décision, motivée par la volonté d'accroître les bénéfices financiers et surtout d'affirmer la souveraineté du pays, entraîna une confrontation directe avec les puissances occidentales, notamment le Royaume-Uni et, par la suite, les États-Unis ”. En 1952, Mohammad Mossadegh entreprend la nationalisation du pétrole. La même année, le 20 juillet, la direction du parti Tudeh (2), adresse une lettre ouverte au Premier ministre, appelant le gouvernement à cesser tous les accords d’assistance militaire et technique des Etats-Unis et à rompre les relations diplomatiques. Le lendemain, une manifestation de 40 000 participants est organisée par le Tudeh pour soutenir cette lettre ouverte. A partir d'août 1953, le Tudeh est combattu d'une manière implacable. Mohammad Mossadegh est éloigné du pouvoir à la suite d'un complot orchestré par les services secrets britanniques et américains : l'opération Ajax (3) qui durera quatre jours (15 – 19 août 1953). Elle conduit à son évincement le 19 août 1953 par un coup d'État. Le shah, Mohammad Reza Pahlavi, est mis sur le trône et devient un proche allié de Washington jusqu'à son renversement lors de la révolution islamique de 1979. A partir de la fin août 1953 : “ 5 000 membres du Tudeh sont arrêtés, quarante d'entre eux exécutés, 2 000 sont condamnés à la prison à vie ” (4). Mohammad Reza Pahlavi peut reprendre le pouvoir et rétablir un régime fort, interdisant la plupart des partis politiques. La SAVAK (5), agent de torture du shah, Mohammad Reza Pahlavi Selon le professeur universitaire, Ervand Abrahamian, dans un livre publié en 1999 intitulé : Tortured Confessions - Prisons and Public Recantations in Modern Iran, “ la SAVAK, officiels services secrets mais officieuse police politique, est chargée de surveiller et de réprimer au nom de la sûreté de l'État, mise en place avec l'aide des services secrets américains et du Mossad. La SAVAK reçut “ carte blanche ” pour torturer les dissidents – présumés – avec une « force brute » qui, au cours des années, « augmenta considérablement », et près de 100 personnes furent exécutées pour des raisons politiques au cours des 20 dernières années du règne du Shah ”. Ervand Abrahamian relate aussi la torture : “ Parmi les victimes, la plupart décédées d'hémorragies cérébrales, figuraient, entre autres, Galoust Zakharian, intellectuel arménien décrit comme le « théoricien le plus brillant » du parti et Vartan Salakhanyan, autre intellectuel arménien, dont Ahmad Shamlu, le plus grand poète du pays, fit l'éloge funèbre, le présentant comme un martyr héroïque qui préféra mourir plutôt que de trahir ses camarades ”. Entre 1953 et 1957, les forces de sécurité appréhendent 4 121 membres du parti Tudeh, dont 477 appartiennent aux forces armées. Vartan Salakhanyan, le printemps assassiné Né pendant l’hiver 1931 à Tabriz, il meurt au printemps 1954. Après ses études primaires et secondaires, il s'installe à Téhéran avec sa famille en 1942. Il s'engage dans le seul mouvement de gauche organisé de l'époque, le parti Tudeh, auquel il adhère officiellement en 1952. Après le coup d'État du 19 août 1953, Vartan poursuit ses activités clandestinement. Lorsqu’il est arrêté le soir du 26 avril, il transporte des publications du parti dans sa voiture. Il est emprisonné dans la prison de Qasr, le lieu de détention le plus ancien et tristement célèbre d’Iran pour les prisonniers politiques, après le coup d'État du 19 août 1953. Il est torturé pour livrer les noms des autres membres et l’adresse de l’imprimerie. Il ne parle pas. Le poète et dramaturge, Ahmad Shamlou, emprisonné lui aussi, raconte : “ Malgré les tortures infligées, Vartan garda le silence. Ses interrogateurs reconnurent plus tard qu'il leur avait déclaré : « Je sais, mais je ne dirai rien ! »”. Une promesse qu'il tint jusqu'au bout. Le poète raconte que Vartan avait été torturé si violemment que son visage était marqué par de profondes brûlures. Son corps, violemment défiguré, a été jeté dans la rivière Jajrood, le plus grand fleuve de la province de Téhéran. Profondément marqué par la résistance de Vartan, Ahmad Shamlou compose le poème « Vartan », en prison, pour le célébrer. Il change l’intitulé en « Nazli » à cause de la censure mais il précise en note de bas de page le nom de Vartan Salakhanyan, à qui le poème est dédié. Selon Ervand Abrahamyan : “ Les gauchistes, y compris les opposants au Tudeh, récitaient l'ode à Vartan de Shamlu, même dans les années 1980 ”. Le 8 mai 2022, parut un article : « Comrade Martyr : Vartan Salakhanian | The voice of the people » (« Camarade martyr : Vartan Salakhanian – La voix du peuple »), publié par le journal du parti Tudeh. Il est tiré du livre Les Martyrs de masse, publié en 1982. “ Les bourreaux déployèrent toute leur force. Mais Vartan ne dit mot. Le secret de son tempérament, enfoui au plus profond de son cœur héroïque, demeurait inviolable. Alors, les bourreaux eurent recours à leur ultime stratagème. Tandis que le corps brisé de Vartan gisait sur le sol de la salle de torture, ils préparèrent une perceuse électrique. Le bourreau dit : « C'est ta dernière chance, si tu ne parles pas… »”. Vartan Salakhanian ne parla pas. (1) Il tente d'instaurer une démocratie laïque et de conserver une relative indépendance du pays face aux puissances étrangères. Son gouvernement introduit un ensemble de réformes sociales et politiques progressistes telles que la mise en place d'une sécurité sociale, le contrôle des loyers ou l'initiation de réformes agraires significatives. (Sources : Wikipédia). (2) Créé en 1941, le Tudeh fut l’un des plus importants partis communistes du Moyen-Orient. Doté d’une grande influence dans les milieux intellectuels et ouvriers, il fut à l’origine des premières manifestations qui firent tomber le Shah. (Sources : Wikipédia). (3) C’est une opération secrète menée en 1953 par le Royaume-Uni et les États-Unis, exécutée par la CIA avec le soutien du MI6 (Secret Intelligence Service), visant à renverser le Premier ministre d'Iran Mohammad Mossadegh. Après la chute de Mossadegh, Mohammad Reza Pahlavi met progressivement en place un régime autocratique et dictatorial fondé sur l'appui américain. (4) Ervand Abrahamian, Iran in Revolution: The Opposition Forces - MERIP Reports - No. 75/76, Iran in Revolution (Mar. - Apr., 1979). (5) Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE, prédécesseur de l’actuelle DGSE), a aidé à établir et à former la SAVAK pendant ses premières années, au milieu des années 1950 et au début des années 1960. Selon une note déclassifiée de la CIA citant un rapport classifié du Comité des affaires étrangères du Sénat américain, la CIA a joué un rôle important dans la création de la SAVAK, en fournissant à la fois un financement et une formation. Le Shah a utilisé la SAVAK pour arrêter, emprisonner, exiler et torturer ses opposants. À son apogée, la SAVAK aurait employé environ 5 000 agents opérant sous la dynastie Pahlavi. (Sources : Wikipédia). Le poème « Vartan » d’Ahmad Shamlou dédié à Vartan Salakhanyan Vartan Sous la fenêtre de notre maison, le vieux lilas a fleuri. Dissipe tous tes doutes ! Ne lutte pas contre la Mort menaçante ! Être vaut mieux que ne pas être, surtout au printemps… Vartan ne dit mot : Glorieusement Il réprima sa colère et s’en alla… – « Vartan, dis quelque chose ! L’oiseau du silence attend que la progéniture d’une mort horrible éclose ! » Vartan ne dit mot : Comme le soleil, il se leva dans les ténèbres, se coucha dans le crépuscule de sang, et puis disparut… Vartan ne dit mot. Vartan était une étoile brillante, brilla un instant dans l’obscurité, et puis s’évanouit à jamais. Vartan ne dit mot. Vartan était une violette : Il s’épanouit et nous annonça la bonne nouvelle, « L’hiver est tombé » et puis disparut. - « Vartan, le printemps est arrivé et l’arbre de Judée est en fleurs ». Ahmad Shamlu - Prison de Qasr 1954.