Quelle place la dimension sociale occupe-t-elle dans votre fonctionnement ?
Elle est essentielle dans la mesure où nous disposons d’un bureau social, et notre action dépasse largement Bourj Hammoud pour s’étendre à plusieurs régions grâce au relais de la la Croix de secours arménienne du Liban. Nous organisons des visites et des activités, notamment médicales, pour les personnes qui ne peuvent se déplacer jusqu’au centre.
Face à la précarité croissante, nous avons également mis en place une aide aux médicaments ainsi qu’un soutien en biens de première nécessité. Les demandes sont en constante augmentation, certaines familles rencontrant désormais des difficultés à couvrir leurs besoins les plus essentiels.
Le Centre doit donc faire face à des besoins croissants tout en disposant de moyens limités. Quelles sont aujourd’hui vos principales difficultés ?
Depuis la crise économique, nos revenus ont fortement baissé tandis que nos dépenses ont augmenté. Pour une dépense hospitalière, nous pouvions parfois contribuer à hauteur de 100 dollars ; aujourd’hui, même 1 000 dollars représentent peu. Nous rencontrons aussi davantage de patients souffrant de troubles nerveux et psychologiques, dans un contexte de stress et d’instabilité permanents. Nous avons donné la priorité aux médicaments et à l’aide destinés à ces personnes.
Notre principal problème reste le coût des hospitalisations. Nous privilégions donc certains médicaments essentiels, notamment contre les troubles nerveux, le diabète ou l’hypertension, afin d’éviter des hospitalisations faute de traitement.
De quoi le Centre aurait-il besoin aujourd’hui pour continuer pleinement à jouer son rôle ?
Nous avons besoin d’une aide financière importante et régulière pour les médicaments, certaines dépenses hospitalières et les besoins quotidiens des familles. Notre bureau social agit par petites actions, mais notre budget limité nous oblige à fixer des priorités et à déterminer combien de personnes nous pouvons aider.
Nous sommes transparents avec nos bienfaiteurs et fournissons les rapports correspondant à chaque aide. ADRA (Adventist development and relief agency) nous a notamment apporté un soutien important en 2025, grâce auquel nous avons fourni des médicaments à 115 bénéficiaires. Cette transparence est essentielle pour conserver la confiance de nos donateurs et des ONG.
Quel avenir souhaitez-vous pour le Centre Araxi Boulghourdjian dans cinq ou dix ans ?
J’aimerais que nous retrouvions davantage d’autonomie sur le plan économique, comme c’était relativement le cas avant 2018, malgré un contexte devenu depuis beaucoup plus complexe. Je souhaiterais également accroître la proportion de bénéficiaires arméniens, tout en veillant à maintenir une offre de services accessible à l’ensemble des publics.
Il serait par ailleurs important de renforcer nos effectifs et de fidéliser davantage de professionnels qualifiés afin de mieux répondre aux besoins. Enfin, nous aspirons à dépasser notre ancrage actuel dans le Metn (est de Beyrouth) pour devenir un centre reconnu à l’échelle de Beyrouth, en développant notamment notre capacité à atteindre les jeunes, tout en continuant à accompagner notre public actuel, majoritairement composé de personnes âgées.
Infos pratiques :
Facebook: ARCL A. Boulghourdjian Socio-medical Center
Instagram: @boulghourdjian_center









