L'UFAR prépare une nouvelle formation en cybersécurité et intelligence artificielle
Quels sont aujourd’hui les programmes de l’UFAR et envisagez-vous de nouvelles formations ?
L’UFAR propose aujourd’hui des licences et des masters en droit, en sciences de gestion et en informatique. Le master en informatique propose notamment une spécialisation en intelligence artificielle. Mais une université ne peut pas se contenter de reproduire les formations d’hier. Notre responsabilité est d’anticiper les transformations du monde professionnel et les besoins de l’Arménie.
C’est dans cette logique que nous préparons notamment la mise en place d’une chaire en cybersécurité et Intelligence Artificielle. La demande est forte en Arménie dans ce domaine stratégique, et l’UFAR dispose déjà d’une expérience dans ce secteur, avec des programmes de formation en cybersécurité développés avec des experts français depuis plusieurs années.
Notre ambition n’est pas de multiplier les formations, mais de proposer celles qui seront réellement utiles aux étudiants et au développement du pays.
Vingt-six ans après sa création, comment évaluez-vous l’action de l’UFAR ?
Après 26 ans, l’UFAR a démontré la pertinence de son modèle. L’université compte aujourd’hui près de 2 700 étudiants, de la licence au doctorat, et plus de 4 100 diplômés. Elle est devenue un acteur reconnu de l’enseignement supérieur arménien et un symbole concret de la coopération entre la France et l’Arménie. Mais notre bilan ne doit pas devenir source d’immobilisme. Ce qui fait notre succès, c’est l’anticipation de l’avenir, du marché du travail et des nouveaux métiers.
Notre mission résume bien cette ambition : « Former aujourd’hui les décideurs du monde intelligent de demain. » Le monde dans lequel nos étudiants vont évoluer sera profondément transformé par l’intelligence artificielle, les technologies numériques, les mutations économiques et les nouveaux enjeux géopolitiques et environnementaux. Notre mission est donc de leur donner des compétences solides, mais aussi la capacité d’apprendre, de s’adapter, d’innover et de prendre des responsabilités. Former les décideurs de demain, c’est préparer des professionnels capables de comprendre un monde en transformation et d’y contribuer.
La visite d’État d’Emmanuel Macron en Arménie, début mai, a-t-elle marqué une nouvelle étape dans les relations franco-arméniennes ?
La visite du Président de la République a sans aucun doute renforcé des liens déjà très solides entre les deux pays. Pour l’UFAR, cette visite a eu une portée toute particulière : un nouvel accord intergouvernemental relatif à la Fondation Université française en Arménie a été signé à cette occasion. Il vient réaffirmer l’engagement des deux États en faveur de notre université et inscrire son développement dans la durée. Cet accord s’inscrit plus largement dans une volonté de renforcer les coopérations universitaires, scientifiques et technologiques entre la France et l’Arménie. La déclaration conjointe prévoit notamment de développer les échanges, les formations et les programmes de recherche, ainsi que les doubles diplômes et diplômes conjoints, notamment dans le cadre de l’UFAR.
Quelles sont les retombées en termes d’emploi pour les étudiants de l’UFAR après leur cursus ?
L’insertion professionnelle de nos diplômés constitue l’un des indicateurs dont nous sommes particulièrement fiers. Selon notre enquête d’insertion professionnelle de la promotion 2025, 97% des diplômés sont en activité, dont 89% dans leur domaine d’études. Ces résultats montrent que les formations de l’UFAR répondent aux attentes du marché du travail. Ils reflètent également l’importance de notre approche professionnalisante, avec les stages, les liens avec les entreprises et l’accompagnement vers l’emploi.
Vous êtes la rectrice de l’UFAR depuis quatre ans. Que vous apporte cette expérience sur un plan personnel et quel regard portez-vous sur l’Arménie d’aujourd’hui ?
Sur le plan personnel, mon expérience en Arménie restera sans aucun doute parmi les expériences les plus mémorables de ma vie et ce, pour plusieurs raisons. Libanaise d’origine et Française d’adoption, j’ai, tout au long de mon parcours, été en contact avec la communauté arménienne, notamment au Liban. En découvrant l’Arménie, j’ai rencontré d’autres Arméniens, ceux du Caucase, différents par leur histoire et leur environnement, mais profondément liés à tous les Arméniens par un même attachement à leur culture, à l’éducation et à la transmission.
La musique, le chant, la peinture, le dessin, les échecs… autant de domaines qui témoignent d’une richesse culturelle et d’une véritable sensibilité artistique, partagées et cultivées de génération en génération. J’ai également été frappée par l’exigence des familles en matière d’éducation, leur volonté de favoriser l’élévation par la connaissance et la formation, ainsi que par le goût du travail et de l’effort.
J’ai découvert dans ce pays une remarquable concentration de talents, de compétences et d’énergies, qui nourrit en moi un profond espoir. Malgré les nombreux défis auxquels l’Arménie est confrontée, je veux croire en sa capacité à préserver ce qui fait sa richesse, à poursuivre son développement et à construire un avenir durable et prospère.









