Pachinian – Hakobian : un divorce sur fond d’enjeu électoral ?
Par Varoujan MARDIKIAN
Le Premier ministre Nikol Pachinian et son épouse, Anna Hakobian, ont annoncé le 27 février leur séparation, après 30 années de vie commune. “ Durant toutes les épreuves de ces 30 dernières années, elle a été à mes côtés, mon refuge et mon soutien, a écrit Nikol Pachinian. Je ne suis pas certain d’avoir été à la hauteur pour elle. Peut-être lui ai-je causé plus d’amertume que de joie, et je m’en excuse. ”
Leur divorce a été officialisé quelques jours seulement après que le chef du Comité anti-corruption (CAC) d’Arménie a signalé l’ouverture d’une enquête, suite aux accusations de l’opposition qui reproche à Anna Hakobian d’avoir enfreint la loi interdisant aux responsables politiques et à leurs proches de se livrer à des activités caritatives en période électorale. Le CAC a néanmoins fait savoir qu’aucune procédure pénale n’était engagée contre Anna Hakobian.
Au sein de l’opposition, certains ont saisi l’annonce de cette séparation pour affirmer que le Premier ministre cherchait à marquer des points auprès des électeurs, en prenant ses distances avec les activités et les déclarations controversées de son épouse. En mai dernier, dans une série de publications sur les réseaux sociaux, celle-ci avait insulté des militants de l’opposition, des personnalités publiques et d’autres citoyens critiques à son égard.
Mise en cause pour ces dérapages, Anna Hakobian avait déclaré avoir répondu aux calomnies qui la visaient ainsi que sa famille. Elle avait précisé que l’utilisation des mots “ âne ”, “ idiot ” et “ pou ” s’inscrivait dans le cadre de la campagne financée par le gouvernement pour promouvoir l’éducation en Arménie. En 2025, elle avait effectué une tournée dans les villes et les villages du pays, pour animer l’initiative baptisée « S’instruire, c’est tendance », lancée fin 2024. Nikol Pachinian avait pris la parole durant certaines de ces rencontres, auxquelles avaient assisté de nombreux élus locaux et fonctionnaires.
Anna Hakobian mise sur la sellette pour propos discourtois tenus sur la place publique ? En matière d’entorse aux règles de la politesse, on n’oubliera pas de relever que Nikol Pachinian a souvent la gâchette facile. On ne compte plus, en effet, ses nombreux coups de sang ponctués de dérapages verbaux face à certains opposants qui le titillent un peu trop, à ses yeux, sur des sujets sensibles. L’insulte, c’est tendance ?

Comment les Arméniens rescapés du Génocide ont-ils vécu leur installation à Alfortville ? Quel regard le pays d’accueil a-t-il porté sur leur intégration ? Fruit d’un partenariat entre la MCA d’Alfortville et l’Association ARAM de Marseille, l’exposition organisée à Alfortville par l’historien Sevan Ananian, avec le soutien de la municipalité, revient sur cette période.

Ce 24 Avril marque un double rendez-vous : la ressortie en salles de Sans retour possible (1983), film co-réalisé par Serge Avédikian et Jacques Kébadian, et la publication d'Un mur contre l'oubli, ouvrage conçu par ce dernier à partir de cette matière filmique. À cette occasion, Serge Avédikian revient sur un geste cinématographique né de la nécessité de transmettre et de faire mémoire, dont la portée et les résonances se prolongent encore aujourd'hui.
Des souvenirs familiaux aux tapis rouges des Oscars, il trace un parcours singulier entre héritage, identité et création. À travers ses films, il explore l’intime pour mieux toucher à l’universel et porter une voix encore trop rare à Hollywood. Le film qu’il a coproduit Sinners (Les Pécheurs) avec le réalisateur Ryan Coogler et son épouse Zinzi Coogler a été nommé dans 16 catégories aux Oscars. Sinners a remporté quatre statuettes.

On ne le sait pas suffisamment, mais le HOM, les Croix de secours arméniennes, est reconnu comme une organisation non gouvernementale (Ong) qui dispose depuis près de 50 ans du droit à participer plusieurs fois par an aux travaux de l’ONU au sein de plusieurs commissions et conférences. Une présence qui lui a permis de “ porter la voix des femmes arméniennes ” comme l’a confié à France Arménie, Aroussiag Melkonian, la présidente au niveau mondial du HOM.

À deux mois du scrutin législatif du 7 juin 2026, rendez-vous électoral crucial pour l'avenir de l'Arménie, la transnation arménienne s'est réunie à Paris les 11 et 12 avril 2026. Organisée à la Maison de la Mutualité, cette conférence de mobilisation de la Diaspora arménienne a bénéficié de la logistique et des réseaux de la FRA Dachnaktsoutioun en Diaspora et s'est donnée pour mission de faire entendre une autre voix, un autre positionnement politique articulé autour de la défense intransigeante de la Cause arménienne. Dans un contexte de crise existentielle sans précédent, cet événement a marqué l'émergence d'un contre-narratif face au discours officiel d'Erevan, une affirmation claire d'une arménité fondée sur la résistance et la dignité — et non sur la résilience passive

111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril

Entre crises économiques, tensions géopolitiques et guerres régionales, les Arméniens de Syrie, du Liban et d'Iran ont commémoré le 24-Avril dans des conditions exceptionnellement difficiles. Alors que ces communautés historiques, autrefois poumons de la Diaspora arménienne, luttent pour leur survie, le silence d'Erevan résonne comme un abandon.


