Scandale à la Mairie de Paris
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui avait annoncé lors du dernier 24-Avril, devant les représentants du CCAF, l’affichage des portraits des 19 otages arméniens de Bakou, a fait marche arrière sous la pression du Quai d’Orsay.
Par Arménag Bédrossian
La veille de l’inauguration des deux panneaux à trois faces posés sur la place de l’Hôtel de Ville de Paris et représentant les portraits des 19 otages arméniens, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, informait les co-présidents du CCAF de sa décision d’annuler la manifestation suite à des menaces très graves, portant sur la sécurité des citoyens français en Azerbaïdjan. Des menaces provenant de l’ambassade d’Azerbaïdjan en France et transmises au Maire par le plus haut niveau de la diplomatie française, à savoir le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
En conséquence, plus de pupitre, plus de micro, plus de barrières, aucune communication et plus aucun représentant de la Ville de Paris alors que près de trois cents personnes s’étaient retrouvées devant l’Hôtel de ville à dix heures le 2 septembre. Car le CCAF, lui, a décidé de maintenir, quoi qu’il en coûte, cette manifestation, même sans autorisation, et de marquer ainsi son soutien aux otages arméniens tout en dénonçant la lâcheté de la diplomatie française.
Outre les co-présidents du CCAF, étaient présents le 2 septembre Hovhannès Guévorkian, représentant de l’Artsakh en France, Yonathan Arfi, président du CRIF, Philippe Meyer, vice-président du CRIF, Marcel Kabanda représentant les rescapés du génocide des Tutsis au Rwanda ainsi que des élus, dont Xavier Bertrand, président du Conseil régional des Hauts-de-France, des députés dont Constance Le Grip et Emmanuel Mandon, des élus municipaux comme Josiane Gaude, adjointe à la Mairie du 7e, Stéphane Exposito à Alfortville et Fabienne Liadzé à Issy-les-Moulineaux ou encore René Rouquet. On saluera leur courage et leur fidélité à la défense de l’Artsakh. Prévus jusqu’au 5 septembre, les deux panneaux étaient finalement retirés dès le 3, provoquant là encore l’indignation des dirigeants du CCAF devant le non-respect de la parole donnée.
Dans la foulée, le CCAF publiait un communiqué dans lequel il exprimait sa profonde indignation après cette annulation à la dernière minute, en rappelant les menaces que les autorités azerbaïdjanaises font peser sur des ressortissants français et les très fortes pressions exercées par le Quai d’Orsay. “ Le CCAF mesure naturellement la responsabilité qui incombe aux autorités françaises lorsqu’est en jeu la sécurité de nos compatriotes. Mais il ne saurait accepter qu’un régime autoritaire étranger puisse, par la menace et le chantage, peser sur ce que des citoyens français et leurs élus ont le droit de dire et de montrer sur le territoire de la République. Le CCAF regrette vivement que le gouvernement ait cédé à cette pression exercée par un État régulièrement dénoncé par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme pour ses violations des libertés fondamentales, de la liberté de la presse, des droits de l’opposition et pour la population arménienne victime d’un nettoyage ethnique. Cette situation porte atteinte à l’image de la diplomatie française, ainsi qu’à la juste cause de la libération des otages arméniens, exigée par le Conseil de Paris, par l’Assemblée nationale à l’unanimité, ainsi que par le Sénat et le Parlement européen ” indique le communiqué.
Le CCAF attend maintenant de la Mairie de Paris et de son Maire qu’il réaffirme avec force sa volonté de continuer le combat pour la libération des otages, sans laquelle il ne saurait y avoir de paix juste et digne avec l’Azerbaïdjan.









