Pour déguster des spécialités arméniennes et rencontrer la communauté locale, rien de tel que de visiter quelques bonnes adresses, notamment l’iconique restaurant Mi Casa, une institution arménienne depuis plus de 50 ans. Autre institution, Ashot Shawarma, est souvent présenté comme le meilleur shawarma de Montevideo, et est notamment recommandé par des guides touristiques comme Lonely Planet. Autre excellente adresse, Erevan Cocina Armenia, dans le quartier huppé de Pocitos, au début de la Rambla. D’autres restaurants et snacks arméniens, comme Lashh, Gyros, Ararat, Gago et Nurr, méritent également un détour.
De l'autre côté du río de la Plata
Face à Buenos Aires, sur la rive sud du río de la Plata, qui abrite la plus importante diaspora arménienne d’Amérique du Sud, les Arméniens de Montevideo, bien moins nombreux, ont néanmoins réussi à inscrire la capitale uruguayenne parmi les villes emblématiques de notre diaspora.
Par Rouben Koulaksezian
Niché entre le Brésil et l’Argentine, l’Uruguay, qui a accueilli des réfugiés arméniens dans les années 1920, est célébré dans la Diaspora arménienne comme le premier pays à avoir reconnu le Génocide arménien. Aujourd’hui, environ 15 000 descendants de ces Arméniens jouent encore un rôle important dans la société uruguayenne et vivent principalement à Montevideo, la capitale du pays.
On arrive souvent en Uruguay par l’aéroport international de Carrasco, à Montevideo, le seul au monde à posséder un khatchkar dans son enceinte. Celui-ci a été érigé et consacré en 2011 par le catholicos Karékine II lors de sa visite pastorale en Uruguay.
Les premiers immigrés arméniens s’étaient installés dans le quartier populaire et ouvrier du Cerro, développé autour des abattoirs industriels (frigoríficos). En effet, pendant et après la Première Guerre mondiale, les frigoríficos uruguayens, vastes complexes industriels de transformation de la viande, exportent massivement du corned-beef pour alimenter l’Europe et ont besoin de main-d’œuvre. Les Arméniens vont ensuite progressivement quitter le quartier du Cerro pour construire leurs propres maisons dans le nord de la ville.
L’église Saint-Nersès Shnorhali a été consacrée en 1968 sur l’avenue Agraciada, qui relie le centre historique au nord de Montevideo. Il faut noter que l’église porte le nom de Shnorhali, qui signifie « le Gracieux », tandis qu’Agraciada veut dire « la Gracieuse ». Le mémorial du Génocide, œuvre de l’artiste Nersès Ounanian, ainsi que le Colegio Nersesian, se trouvent dans l’enceinte de l’église. L’UGAB et le Colegio Nubarian sont situés à quelques mètres de là.
Dans le quartier du Prado, légèrement plus au nord, l’église catholique arménienne Notre-Dame de Bzommar, qui porte le nom du monastère arménien catholique situé sur les hauteurs du Mont Liban, a été consacrée en 1988. Le Club Vramian, qui abrite notamment l’organisation Homenetmen, est situé sur l’avenue Millán. Le Salón Marash et la Casa Armenia Hnchakian se trouvent également dans le quartier. L’église évangélique arménienne est implantée dans le quartier voisin de Brazo Oriental. Par ailleurs, l’école publique numéro 156 porte le nom d’Escuela Armenia et arbore un drapeau arménien aux côtés de l’uruguayen, sans être pour autant une école arménienne.
Dans le quartier touristique de Buceo, la Rambla Armenia s’étend jusqu’à la Plaza Armenia, où se trouvent un khatchkar et un mémorial du Génocide arménien. Sur une plaque datant de 1971 figurent les mots : « Uruguay, accepte ce symbole de gratitude et de loyauté de la part de tes fils adoptifs » (Uruguay, recibe de tus hijos adoptivos este símbolo de gratitud y lealtad).
L’un des éléments les plus intéressants de cette présence arménienne en Uruguay est sans doute la gastronomie, avec notamment l’introduction du lahmajoun dans la gastronomie locale. En effet, ce sont les immigrés arméniens qui ont apporté cette spécialité avec eux dans les années 1920, et depuis, le lahmajoun, orthographié lehmeyún en espagnol, est devenu un classique de la restauration à Montevideo, proposé dans de nombreux restaurants, au même titre que la pizza ou l’escalope milanaise.
Conseils de voyage
• Quel circuit prévoir ?
La station balnéaire de Punta del Este, prisée de la jet-set uruguayenne et argentine, mérite un détour pour son atmosphère et sa belle statue "Mujer Armenia". Ne pas manquer l'excellent restaurant arménien Garni, sur la route qui mène à Punta del Este. Hors d'Uruguay, la capitale argentine, Buenos Aires, est à quatre heures de ferry.
• Quand partir ?
Les meilleurs mois pour partir en Uruguay sont généralement mars, avril, octobre et novembre. Ils offrent en général des températures plus douces et moins de foule, surtout sur la côte.










