Little Armenia : Les Arméniens aux quatre coins du monde
Depuis 2024 , chaque mois, Rouben Koulaksezian fait voyager les lecteurs de France Arménie dans le monde à la rencontre des Arméniens. Une première édition de Little Armenias, guide de voyage de la Diaspora arménienne, est parue en 2018. Huit ans plus tard, une mise à jour s’imposait. Voici Little Armenias, cru 2026.
Interview par Bérénice Delaye Aubozian
De cinq à sept millions d’Arméniens sont recensés dans le monde et au total, ce sont 99 pays sur les cinq continents qui sont répertoriés par Rouben Koulaksezian. Chacun de ceux-ci, de l’Afghanistan (on découvre que les Arméniens en furent expulsés en 1890), au Vietnam en passant par la France, comporte en début de chapitre une courte présentation historique qui résume leur présence. Suivent les adresses des églises, clubs, restaurants, où l’on peut les rencontrer. Ou comment, de partout, se sentir un peu chez soi… Des photos couleur illustrent certains lieux. Interview.
France Arménie : Comment vous est venue l’idée de rédiger votre premier guide ?
Rouben Koulaksezian : L’idée m’est venue à travers mon expérience personnelle, car j’ai toujours cherché à rencontrer d’autres Arméniens, ou à visiter des lieux arméniens lorsque je me trouvais dans une nouvelle ville, pour des raisons professionnelles ou lors d’un voyage. J’aime beaucoup les guides de voyages et je me suis dit qu’il serait utile d’avoir un guide de voyage consacré à la Diaspora arménienne !
Vous êtes-vous rendu systématiquement dans les pays mentionnés ?
Pas systématiquement mais dans la grande majorité (83/99). Le guide étant exhaustif, et non pas strictement autour des sites que j’ai visités, j’ai reçu l’aide de nombreux contacts afin de compléter également tous les lieux arméniens que je n’ai pas moi-même visités.
Combien de temps avez-vous consacré à vos périples ?
Mon premier voyage à sac à dos remonte à 2008 donc cela fait 18 ans. Pas à temps plein, bien évidemment.
Comment procédez-vous pour découvrir les lieux porteurs d’une présence arménienne ?
Enormément de sources, Google maps, presse, archives, musées, sites web, documentaires, offices du tourisme, pages Instagram, réseaux sociaux en général... Et bien sûr, surtout, des centaines, voire des milliers de contacts sur place pour me renseigner, ainsi que beaucoup de découvertes inattendues en visitant directement une ville.
Certaines informations du livre précédent étaient sans doute devenues obsolètes. Comment avez-vous su qu’elles l’étaient ?
La mise à jour est un travail sans interruption, je reçois presque quotidiennement des messages sur les réseaux sociaux pour m’informer de l’ouverture ou la fermeture de lieux arméniens, je contacte aussi régulièrement des personnes dans les villes concernées, et je nourris constamment mes notes avec des centaines, même des milliers de « modifications » pour améliorer la version suivante.
Combien de pays avez-vous visités et dans lesquels vous êtes-vous rendu pour modifier certaines informations ?
J’ai visité, il me semble 105 pays. Toutes les visites servent en effet à compléter ou améliorer les informations du livre, ainsi qu’à la création de contenu pour les réseaux sociaux.
Combien de langues parlez-vous ?
Je parle environ huit langues, avec le français, l’anglais, l’arménien, l’espagnol, le russe, le portugais, l’arabe et l’italien. Les connaissances linguistiques ont joué et jouent un rôle clé dans le projet Little Armenias, notamment dans l’accès à la vie sociale des communautés à travers le monde.
Avez-vous d’autres projets dans le même ordre d’idée ?
Pas vraiment d’autres projets, mais j’espère améliorer Little Armenias, avec probablement plus de contenu, des cartes, des formats vidéos nouveaux, etc.
L’arménité est-elle la même dans toute la Diaspora ?
Tous les Arméniens sont conscients d’avoir un passé et un futur en commun. Ils partagent les mêmes valeurs morales et familiales. L’Eglise représente une identité structurelle et culturelle.
Une anecdote pour terminer ?
En Uruguay – connu pour être le premier pays à avoir reconnu officiellement le Génocide en 1965 – le lahmajoun, la pizza arménienne, a été introduit dans la cuisine locale par les Arméniens arrivés dans les années 1920. Son succès a été tel qu’après les boulangers arméniens, ce sont les boulangers uruguayens qui le proposent à la vente. On peut même le commander en ligne, orthographié à l’espagnol, lehmeyun. C’est devenu une recette de cuisine traditionnelle tout comme la pizza.
Rouben Koulaksezian, Little Armenias, 320 pages, 24 euros. Disponible en français et en anglais. On peut retrouver Rouben Koulaksezian sur Instagram.










