Edito Mai 2026 - Le temps de la résistance

24-Avril 1915, 24-Avril 2026. 111 ans d’écart mais toujours le même sentiment d’injustice qui frappe un peuple tout entier, le peuple arménien, qu’il vive en Arménie, en Artsakh ou en Diaspora.

`111 ans après, les forces panturques n’ont pas renoncé à « finir le travail », éradiquer de la surface de la terre la civilisation arménienne, à l’image d’un Trump qui promettait il y a encore quelques semaines d’éradiquer la civilisation iranienne. Pourtant, en croyant enterrer les Arméniens, que ce soit en 1915 dans les six vilayets arméniens d’Anatolie, en 1921 à Chouchi, en 1922 à Smyrne, en 1988 à Soumgaït, Bakou, Kirovabad ou Maghara, en 1991, 2020 ou 2023 en Artsakh, les forces panturques ont semé une graine, celle de la résistance arménienne.


Cette résistance se traduit dans la mobilisation en faveur de la reconnaissance internationale du Génocide des Arméniens à travers le monde et en France où lors de ce 24-Avril, on a encore pu constater l’engagement déterminé de la jeunesse arménienne. Et si la journée nationale de commémoration instaurée de haute lutte depuis 2018 modère les discours vers un consensus républicain célébrant l’amitié franco-arménienne, le 24-Avril 2026 a aussi été un moment de résistance et de revendications à travers le monde avec notamment l’exigence de libération immédiate et sans condition des 19 otages arméniens encore détenus à Bakou ou encore la réaffirmation du droit des Arméniens d’Artsakh à retourner sur leurs terres, dans leurs maisons, en toute sécurité. 

 

Uni avec sa Diaspora, le peuple arménien est fort. Divisé, stigmatisé par le pouvoir, il fragilise la légitimité internationale des revendications de la Cause arménienne. Il est alors facile à un Trump de ne pas parler de génocide. Il est facile aux représentants de la France de ne pas citer lors du 24-Avril à Paris ou à Marseille, le nom de l’auteur du crime indicible, de ne pas prendre de sanction contre ceux qui ont organisé le nettoyage ethnique de l’Artsakh et qui détiennent encore 19 otages arméniens.


Qui pourrait le leur reprocher alors qu’en Arménie, le Premier ministre lui-même met de côté l’exigence de Justice envers le peuple arménien. Pire, il apporte de l’eau au moulin des négationnistes en évoquant une responsabilité des grandes puissances depuis le milieu du XIXe siècle qui viendrait justifier un génocide commis contre des populations civiles innocentes. Nikol Pachinian déclare s’être affranchi de cette dépendance pour trouver la paix avec ses voisins. Mais qui peut le croire honnêtement ? Qui peut penser que l’Arménie n’est pas comme à San Stefano au centre des intérêts contradictoires de la Russie, des Etats-Unis, de l’Europe, de la Turquie ou de l’Iran ? L’Arménie n’est pas plus indépendante, elle veut changer d’alliances pour passer d’un axe russo-iranien à un axe américano-européen. Un choix qui oblige à une vassalisation avec les gardiens régionaux du nouvel axe, la Turquie et l’Azerbaïdjan, dont le gaz et le rôle dans l’OTAN seront au final toujours plus importants que l’indépendance de l’Arménie. Qui peut enfin sérieusement croire en la parole d’Erdogan et d’Aliev qui n’ont pas abandonné leur rêve panturc ? Pas nous en tous cas !

Contre tous les vents contraires et notamment celui du défaitisme et de la capitulation, instillés, exigés par le pouvoir en place à Erevan, la résistance s’organise et prend forme comme lors du colloque de mobilisation de la Diaspora arménienne qui a eu lieu début avril à Paris. Un pouvoir arménien qui panique et qui n’a que la répression politique à proposer tant son programme de capitulation est rejeté y compris parmi les partisans de la Révolution de velours. 


Une résistance comme un devoir, car, descendants des rescapés du Génocide des Arméniens, nous avons une obligation de nous souvenir, de commémorer mais surtout de nous battre pour exiger la Justice et la réparation de ce “ génocide long du peuple arménien ”.


par ANNIE ARSLAN 10 juillet 2026
Un très joli parcours déjà pour cette chanteuse guitariste pop folk à la voix singulière, qui allie modernité et accents orientaux inspirés de ses racines. Les grands de la chanson française croient en elle et lui offrent leurs scènes.
par Dominique Goubatian 5 juillet 2026
En 2025, Alexandra Routhiau-Mikaelian produisait le documentaire, La Mémoire dans les veines, retraçant son émouvant voyage en Turquie, sur les traces de son arrière-grand-mère et de sa famille. Cette année, son nouveau documentaire, Les Grains éparpillés de la grenade , aborde l’installation en France et en Europe des Arméniens rescapés du Génocide.
par KHAJAG SASSOUNTSI 4 juillet 2026
La 7 e édition du Tournoi Foot à 7 Souren Mouradian, s’est tenue les 23 et 24 mai à Issy-lès-Moulineaux, organisée par Homenetmen France. Un rendez-vous devenu incontournable pour la jeunesse arménienne de France.
par DOMINIQUE GOUBATIAN 3 juillet 2026
Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.
par NATACHA ZORTIAN 1 juillet 2026
Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Commnuniqué du CDCA Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle 
par Harout MARDIROSSIAN 29 juin 2026
Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։
par Harout MARDIROSSIAN 27 juin 2026
Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.
par La Rédaction 27 juin 2026
Retrouvez le sommaire de notre numéro de Juillet Aout 2026