Pachinian vs Karapetian, une guerre d'usure
par Varoujan MARDIKIAN
Samvel Karapétian,
arrêté le 18 juin dernier juste après avoir condamné les tentatives de Nikol Pachinian de destituer le catholicos Karékine II et promis de le défendre “ à notre façon ”, fait décidément l’objet d’un traitement spécial de la part des autorités arméniennes. A la surprise générale, le 30 décembre, la justice acceptait de transformer sa détention provisoire en assignation à résidence, moyennant le versement d’une caution de 10,5 millions de dollars et l’interdiction de faire des déclarations politiques depuis son domicile. Le 16 janvier, la Cour d’Appel a accédé à la demande du Parquet de réincarcérer Samvel Karapétian… avant que le tribunal de première instance déjuge la Cour d’Appel le 17, en le réassignant à résidence avec la liberté de promouvoir son mouvement Mer Dzevov (A notre façon).
Mais l’homme d’affaires est physiquement affaibli. Il avait été hospitalisé pour une double pneumonie contractée en prison, des suites d’une infection au Covid. Ses avocats ont dénoncé de mauvaises conditions de détention, imputables à une administration pénitentiaire qu’ils accusent de négligence. “ Ils n’ont absolument pas chauffé la cellule de Samvel Karapétian, a déploré l’un d’eux, Armen Faroyan. Son état de santé s’est dégradé. Il était constamment enrhumé et personne ne comprenait de quoi il souffrait avant qu’on lui diagnostique une pneumonie bilatérale. ” Aram Vartevanian, un autre avocat de Samvel Karapétian, a affirmé que les autorités pénitentiaires, tout en étant informées de son état de santé, sont restées délibérément inertes. Kamo Manoukian, le directeur de l’hôpital pénitentiaire national, a rejeté ces accusations, indiquant que Samvel Karapétian avait été examiné à plusieurs reprises par les médecins de la prison sans qu’aucun problème pulmonaire n’ait été signalé.
Samvel Karapétian, dont les six mois de détention n’ont pas émoussé la combativité, se disait confiant le 19 novembre de pouvoir chasser la “ petite clique ” dirigeante arménienne du pouvoir à la faveur des législatives. Ces décisions de justice, marquées du sceau de revirements successifs, font penser à un plan concocté en haut lieu pour affaiblir, à l’usure, les capacités de résistance d’un homme dont l’état de santé est désormais précaire.
“ Maintenant, je vais m’occuper de toi à ma façon, misérable… J’espère que tu garderas le goût de l’Etat en bouche ”, avait lancé Nikol Pachinian à Samvel Karapétian, le 18 juin dernier. Tout se passe comme si le Premier ministre voulait absolument montrer qu’il a de la suite dans les idées à l’un de ses principaux concurrents aux prochaines législatives. Il faut donc s’attendre, dans les mois à venir, à de nouvelles tentatives de déstabilisation de Samvel Karapétian par le pouvoir, qui ne lésinera pas sur les moyens pour parvenir à ses fins. A sa façon.

Comment les Arméniens rescapés du Génocide ont-ils vécu leur installation à Alfortville ? Quel regard le pays d’accueil a-t-il porté sur leur intégration ? Fruit d’un partenariat entre la MCA d’Alfortville et l’Association ARAM de Marseille, l’exposition organisée à Alfortville par l’historien Sevan Ananian, avec le soutien de la municipalité, revient sur cette période.

Ce 24 Avril marque un double rendez-vous : la ressortie en salles de Sans retour possible (1983), film co-réalisé par Serge Avédikian et Jacques Kébadian, et la publication d'Un mur contre l'oubli, ouvrage conçu par ce dernier à partir de cette matière filmique. À cette occasion, Serge Avédikian revient sur un geste cinématographique né de la nécessité de transmettre et de faire mémoire, dont la portée et les résonances se prolongent encore aujourd'hui.
Des souvenirs familiaux aux tapis rouges des Oscars, il trace un parcours singulier entre héritage, identité et création. À travers ses films, il explore l’intime pour mieux toucher à l’universel et porter une voix encore trop rare à Hollywood. Le film qu’il a coproduit Sinners (Les Pécheurs) avec le réalisateur Ryan Coogler et son épouse Zinzi Coogler a été nommé dans 16 catégories aux Oscars. Sinners a remporté quatre statuettes.

On ne le sait pas suffisamment, mais le HOM, les Croix de secours arméniennes, est reconnu comme une organisation non gouvernementale (Ong) qui dispose depuis près de 50 ans du droit à participer plusieurs fois par an aux travaux de l’ONU au sein de plusieurs commissions et conférences. Une présence qui lui a permis de “ porter la voix des femmes arméniennes ” comme l’a confié à France Arménie, Aroussiag Melkonian, la présidente au niveau mondial du HOM.

À deux mois du scrutin législatif du 7 juin 2026, rendez-vous électoral crucial pour l'avenir de l'Arménie, la transnation arménienne s'est réunie à Paris les 11 et 12 avril 2026. Organisée à la Maison de la Mutualité, cette conférence de mobilisation de la Diaspora arménienne a bénéficié de la logistique et des réseaux de la FRA Dachnaktsoutioun en Diaspora et s'est donnée pour mission de faire entendre une autre voix, un autre positionnement politique articulé autour de la défense intransigeante de la Cause arménienne. Dans un contexte de crise existentielle sans précédent, cet événement a marqué l'émergence d'un contre-narratif face au discours officiel d'Erevan, une affirmation claire d'une arménité fondée sur la résistance et la dignité — et non sur la résilience passive

111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril

Entre crises économiques, tensions géopolitiques et guerres régionales, les Arméniens de Syrie, du Liban et d'Iran ont commémoré le 24-Avril dans des conditions exceptionnellement difficiles. Alors que ces communautés historiques, autrefois poumons de la Diaspora arménienne, luttent pour leur survie, le silence d'Erevan résonne comme un abandon.


