Lyon “ La paix n’est pas l’absence de conflit, c’est la présence de justice ”

111 ans sont passés depuis le funeste 24-Avril-1915 à Constantinople et 61 ans depuis la première commémoration publique de ce Génocide.

Le soir du 23 avril, le Nor Seround avait organisé une marche aux flambeaux du Mémorial de la place Antonin-Poncet au consulat de Turquie. Le 24, comme chaque année, une messe de requiem était célébrée en l’église apostolique Saint-Jacques, avec l’intervention des représentants des Eglises évangélique et catholique arméniennes. Un requiem rendu plus émouvant encore par les chants de la chorale Gomidas.


Comme l’an passé, une grande banderole dénonçant la détention illégale des otages arméniens à Bakou était arborée en première ligne des manifestants qui depuis l’église ont défilé jusqu’au Mémorial. Outre les slogans contre la Turquie, a résonné « Pour toi Arménie » à l’arrivée place Antonin-Poncet, vers 17h30, où les musiciens de France Varbed jouaient « Zartir Lao ». Les quelques centaines de manifestants y ont rejoint une foule déjà présente pour écouter les discours officiels. Représentante du Nor Seround, Méliné Dayme a affirmé que “ nous retournerons en Artsakh par la justice ” et que “ ceux qui vivent sont ceux qui luttent ” (Victor Hugo). Lui succédant à la tribune, Raffi Tanzilli, président du CCAF-Centre, a souligné que le 24-Avril ne devait pas être seulement un moment de recueillement mais de résistance car le crime de génocide perdure.


Tout comme en Arménie occidentale, au Nakhitchevan, en Artsakh aujourd’hui, toutes les traces de la présence arménienne sont détruites. Mais une autre culture  a disparu, outre la perte de la langue arménienne occidentale, celle du patrimoine culturel immatériel, œuvre du Génocide, du temps et de la soviétisation de l’Arménie. Une organisation, Carota, œuvre à retrouver et faire revivre ce patrimoine (chants, danses, broderie, orfèvrerie…) avec  l’aide de Hayk Yeranosyan et Sirarpi Khojabaghyan dont la conférence, « Retrouver la culture arménienne perdue après le génocide » était délivrée à l’Hôtel de ville le 21 avril. Le Génocide perdure par sa négation (Turcs venus perturber l’inauguration en 2006 du Mémorial, chasses à l’Arménien à Décines en 2020…). La préservation du peuple arménien réside dans la mobilisation de la République d’Arménie, de la Diaspora et des instances internationales. “ La vraie paix, celle qui protègera définitivement l’Arménie, ne pourra exister qu’avec la justice rendue ”. Une justice qui passe par la reconnaissance du Génocide par la Turquie, le respect des droits des Arméniens d’Artsakh et la libération des otages politiques. Quant au peuple arménien, il doit “ résister à l’oubli. Résister au déni. Résister à l’effacement ”. “ Vérité. Justice. Paix. Ces trois mots ne sont pas un slogan. Ils sont un programme. Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce qu’il soit accompli ”.

Grégory Doucet, maire de la cité des Gaules, a rappelé que c’était grâce à la forte mobilisation de Gérard Collomb, alors maire en 2006, et à la ténacité de Jules Mardirossian, initiateur de ce Mémorial en plein cœur de la ville, qu’il put être érigé il y a tout juste 20 ans. Si la mémoire est forte à Lyon, a-t-il assuré, c’est parce que la communauté est forte et qu’à ce titre, elle bénéficie de la reconnaissance et de la solidarité de la Ville. Le partenariat avec Erevan a été consolidé en avril 2025 avec des projets et des échanges. “ Face aux menaces, nous restons solidaires et engagés. Ce qui se joue aujourd’hui nous concerne. Nous avons fait le choix de ne jamais oublier mais surtout de ne jamais rester indifférents ”. Dernier des orateurs, Antoine Guérin, préfet délégué pour la défense et la sécurité, représentant la préfète, Fabienne Buccio, a indiqué que le Mémorial est inscrit dans l’histoire de la cité et a sa place dans notre quotidien. Il a présenté “ Au nom de l’Etat, hommage et respect ”. Après les dépôts de gerbes, une minute de silence a été respectée avant que résonnent «  La Marseillaise » et « Mer Haïrénik ». La foule s’est dispersée au son de « Horovel » et « Délé Yaman » interprétés par France Varbed.

par Tigrane YEGAVIAN - Photos Melkon AJAMIAN 30 avril 2026
À deux mois du scrutin législatif du 7 juin 2026, rendez-vous électoral crucial pour l'avenir de l'Arménie, la transnation arménienne s'est réunie à Paris les 11 et 12 avril 2026. Organisée à la Maison de la Mutualité, cette conférence de mobilisation de la Diaspora arménienne a bénéficié de la logistique et des réseaux de la FRA Dachnaktsoutioun en Diaspora et s'est donnée pour mission de faire entendre une autre voix, un autre positionnement politique articulé autour de la défense intransigeante de la Cause arménienne. Dans un contexte de crise existentielle sans précédent, cet événement a marqué l'émergence d'un contre-narratif face au discours officiel d'Erevan, une affirmation claire d'une arménité fondée sur la résistance et la dignité — et non sur la résilience passive
par Varoujan MARDIKIAN 30 avril 2026
À un mois et demi des élections et en plein processus de normalisation des relations avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, le message du 24-Avril de Nikol Pachinian a torpillé les fondamentaux de la Cause arménienne
par Sacha VAYTET CAZARIAN 30 avril 2026
111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril
par Tigrane YEGAVIAN 30 avril 2026
Entre crises économiques, tensions géopolitiques et guerres régionales, les Arméniens de Syrie, du Liban et d'Iran ont commémoré le 24-Avril dans des conditions exceptionnellement difficiles. Alors que ces communautés historiques, autrefois poumons de la Diaspora arménienne, luttent pour leur survie, le silence d'Erevan résonne comme un abandon.
par Harout MARDIROSSIAN 30 avril 2026
Alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, était à Marseille, les cérémonies à Paris ont été marquées par la présence du nouveau maire, Emmanuel Grégoire, et par une belle mobilisation de la jeunesse lors de la marche pour la Justice.
par LA REDACTION 30 avril 2026
LA REDACTION
par Harout MARDIROSSIAN 30 avril 2026
24-Avril 1915, 24-Avril 2026. 111 ans d’écart mais toujours le même sentiment d’injustice qui frappe un peuple tout entier, le peuple arménien, qu’il vive en Arménie, en Artsakh ou en Diaspora.
par La Rédaction 7 avril 2026
Un colloque consacré à la mobilisation de la diaspora se tiendra à Paris Les 11 et 12 avril, un colloque consacré à la mobilisation de la diaspora se tiendra à Paris, avec pour objectif de faire face aux crises et défis sans précédent qui ont bouleversé le peuple arménien ces dernières années. Depuis 2018, le renoncement par les autorités de la République d’Arménie aux intérêts nationaux arméniens notamment les dossiers du Génocide arménien et de l’Artsakh (dont le résultat a été le nettoyage ethnique forcé de l’Artsakh) ainsi que les menaces visant l’identité arménienne et les attaques contre les institutions nationales ont créé une situation critique sans précédent pour l’ensemble du monde arménien. L’objectif de ce colloque est de débattre collectivement de la situation, de mobiliser la diaspora afin de formuler une position unifiée et structurée, en faveur de la défense et du renforcement de l’État arménien, de la diaspora arménienne et, plus largement, des intérêts nationaux arméniens et de la Cause arménienne. Le colloque réunira environ 150 représentants issus de plus de 25 pays, parmi lesquels des responsables communautaires, des dirigeants d’organisations, des personnalités publiques et politiques, des universitaires, des experts, des entrepreneurs et des jeunes. Les principaux points à l’ordre du jour sont : ● Le rôle stratégique de la diaspora dans la résolution des problématiques nationales et l’agenda politique ; ● L’importance des valeurs nationales et de l’Église arménienne dans la diaspora, en tant que garantes de l’identité arménienne, face aux nouveaux défis ; ● Les enjeux et perspectives des relations Arménie-diaspora, la diaspora comme composante du soft power du monde arménien ; ● La mobilisation et la revitalisation de la diaspora au service des objectifs panarméniens. À l’issue du colloque, un appel-déclaration sera adressé aux Arméniens du monde entier, suivi d’initiatives politiques, médiatiques, communautaires et autres. Comité de coordination du colloque pour la mobilisation de la diaspora Փարիզի մէջ Սփիւռքի զօրաշարժի խորհրդաժողով՝ նուիրուած ազգային ներկայ մարտահրաւէրներուն ՓԱՐԻԶ.- 2026ի Ապրիլ 11-12ին, Փարիզի մէջ տեղի պիտի ունենայ Սփիւռքի զօրաշարժին նուիրուած խորհրդաժողով մը, որ կը միտի դիմագրաւելու վերջին տարիներուն հայկական աշխարհը ցնցած աննախընթաց տագնապները։ 2018էն ասդին Հայաստանի Հանրապետութեան իշխանութիւններուն կողմէ հայկական շահերէ հրաժարումը՝ Ցեղասպանութեան եւ Արցախի թղթածրարներէն յետ կանգնիլը (որուն արդիւնքը եղաւ Արցախի բռնի հայաթափումը), հայկական ինքնութեան դէմ ուղղուած սպառնալիքները եւ ազգային հաստատութիւններու դէմ կատարուող յարձակումները աննախընթաց օրհասական իրադրութիւն ստեղծած են ամբողջ հայկական աշխարհին համար։ Կայանալիք խորհրդաժողովին նպատակն է հաւաքաբար քննարկել իրավիճակը, զօրաշարժի ենթարկել Սփիւռքը, որպէսզի կարելի ըլլայ ձեւաւորել միասնական ու նպատակաուղղուած կեցուածք՝ ի պաշտպանութիւն եւ հզօրացում Հայաստանի պետութեան, հայկական սփիւռքին եւ առհասարակ հայկական շահերուն եւ Հայ Դատին: Խորհրդաժողովը պիտի համախմբէ աւելի քան 25 երկիրներէ շուրջ 150 ներկայացուցիչներ, որոնց շարքին՝ համայնքային առաջնորդներ, կազմակերպութեանց պատասխանատուներ, հանրային-քաղաքական գործիչներ, գիտնականներ, մասնագէտներ, գործարարներ եւ երիտասարդներ: Օրակարգի առանցքային կետերն են. - Սփիւռքի ռազմավարական դերը ազգային հիմնախնդիրներու լուծման գործին մէջ եւ քաղաքական օրակարգը: - Ազգային արժէքներու եւ Հայց. եկեղեցւոյ կարեւորութիւնը Սփիւռքի մէջ հայկական ինքնութեան պահպանման առումով. նոր իրավիճակի մարտահրաւէրներ: - Հայաստան-Սփիւռք յարաբերութիւններու հիմնահարցեր եւ հորիզոններ, Սփիւռքը իբրեւ հայկական աշխարհի փափուկ ուժի բաղադրամաս: - Սփիւռքի զօրաշարժ եւ վերաշխուժացում՝ յանուն համահայկական նպատակներու: Խորհրդաժողովը պիտի աւարտի աշխարհասփիւռ հայութեան ուղղուած կոչ-յայտարարութեամբ, որուն պիտի յաջորդեն քաղաքական, տեղեկատուական, համայնքային եւ այլ նախաձեռնութիւններ: Սփիւռքի զօրաշարժի խորհրդաժողովի համադրող կազմ Diaspora Mobilization Conference in Paris Dedicated to Current National Challenges PARIS — On April 11–12, 2026, a conference dedicated to the mobilization of the Diaspora will take place in Paris, aiming to confront the unprecedented crises that have shaken the Armenian world in recent years. Since 2018, the renunciation of Armenian national interests by the authorities of the Republic of Armenia — stepping back from the Genocide and Artsakh dossiers (the result of which was the ethnic cleansing of Artsakh), the threats directed against Armenian identity, and the attacks carried out against national institutions — have created an unprecedentedly critical situation for the entire Armenian world. The purpose of the upcoming conference is to collectively discuss the situation and mobilize the Diaspora, in order to shape a unified and purposeful stance in defense and strengthening of the Armenian state, the Armenian Diaspora, and Armenian national interests in general, including the Armenian Cause. The conference will bring together around 150 representatives from more than 25 countries, including community leaders, heads of organizations, public and political figures, scholars, experts, business leaders, and youth. Key agenda items include: • The strategic role of the Diaspora in addressing national issues and the political agenda • The importance of national values and the Armenian Church in preserving Armenian identity in the Diaspora, and the challenges of the new reality • Armenia–Diaspora relations: key issues and horizons; the Diaspora as a component of the Armenian world’s soft power • Diaspora mobilization and revitalization in pursuit of pan-Armenian goals The conference will conclude with a call and declaration addressed to Armenians worldwide, to be followed by political, informational, community, and other initiatives. Diaspora Mobilization Conference Coordination Committee diasporaconference2026@gmail.com
par La Rédaction 4 avril 2026
Le sommaire de notre numéro 539 d'avril 2026
par Harout MARDIROSSIAN 4 avril 2026
En ce mois d’avril, France Arménie fête ses 44 ans, et reste le plus ancien journal arménien en activité de la Diaspora française. Au moment où vous allez ouvrir ce magazine chez vous, je vous invite, si vous avez un ordinateur, une tablette ou votre téléphone, à vous rendre sur le site france-armenie.fr. En effet, comme nous nous y étions engagés, notre site a fait peau neuve. Vous y retrouverez les articles parus depuis le début de l’année dans la version papier. Nos archives aussi ont été totalement numérisées grâce à votre soutien financier et vont s’insérer prochainement dans ce nouveau site. Tout en conservant notre version papier, vous pourrez retrouver sur le site france-armenie.fr, chaque jour, chaque semaine, des articles d’analyse et de décryptage de l’actualité arménienne faisant plus que jamais de France Arménie, le lien précieux entre tous les Arméniens. Mais, vous le savez, l’actualité de qualité a un coût et dans un contexte économique compliqué et la baisse des recettes publicitaires, plus que jamais nous avons besoin de vous car nous ne voulons pas voir s’arrêter la formidable aventure que constitue France Arménie. Face aux fake news, à l’IA, à tous les faux comptes sur les réseaux sociaux qui distillent quotidiennement la haine et le mensonge, les médias comme le nôtre sont, eux, périssables. Aussi, nous comptons sur vos abonnements, vos publicités et surtout sur vos dons pour pérenniser ce magazine et désormais sa version en ligne. Ce constat est d’autant plus vrai quand on regarde le climat délétère dans lequel l’Arménie sombre chaque jour, quand on voit les reculs de la Cause arménienne comme par exemple le licenciement d’Edita Gzoyan, la directrice du Musée du Génocide de Dzidzernagapert, pour avoir remis un livre sur l’Artsakh à JD Vance. Car dans cette Arménie, il ne faut plus prononcer le mot Artsakh, ne plus regarder l’Ararat, ne plus être fier de son histoire millénaire. Au contraire, il faut dénigrer son Eglise, sa Constitution, ses journalistes, ses chercheurs… Dans cette « Arménie réelle », on peut s’attendre à tout et notamment à un usage immodéré et partisan de la Justice pour régler des comptes avec ses opposants et se maintenir au pouvoir sous le regard bienveillant de l’Europe. On peut donc envisager, sans trop se tromper, que tout sera mis en œuvre pour assurer la victoire du pouvoir en place, au nom de la paix et de la démocratie. Tout cela pour plaire et complaire à la Turquie et à l’Azerbaïdjan pour une paix dont on sait qu’elle n’est pas garantie car aucun garant, pas même Trump et encore moins Macron, ne se portera au secours de l’Arménie si elle devait être menacée. L’Iran, le Liban, la Syrie, le Vénézuela, l’Ukraine, Gaza et la Palestine sont des exemples frappants que l’ordre mondial est en train de vaciller et qu’il faut se préparer à toutes les éventualités. En ce sens, l’Arménie et l’Artsakh ont servi de terrains de tests pour ce que nous voyons aujourd’hui. A partir du moment où l’Azerbaïdjan use de la force pour procéder à un nettoyage ethnique, un génocide, sans que la communauté internationale ne bouge le petit doigt, n’impose des sanctions et qu’elle se contente de promettre de l’aide humanitaire tout en faisant le commerce du gaz et du pétrole avec le bourreau d’un peuple, pourquoi en serait-il autrement pour ces autres pays, ces autres peuples ? Deux choix s’offrent désormais à nous, Arméniens de France : marcher la tête baissée, courber l’échine ou marcher la tête haute, continuer à revendiquer inlassablement « Justice pour le peuple arménien », être solidaire de sa Mère Patrie et œuvrer pour son indépendance et sa sécurité. Les commémorations du 24-Avril prochain nous donneront de nouveau l’occasion de répondre à ce choix. Il y aura ceux qui resteront chez eux à commémorer intérieurement et il y aura, nous l’espérons, la très grande majorité qui participera activement pour que vive la Cause arménienne.