Marseille la jeunesse encore et toujours au rendez-vous
111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril
Dès le 21 avril, une première cérémonie s’est tenue à l’Hôtel du Département des Bouches-du-Rhône, à l’initiative de sa présidente, Martine Vassal. Un moment solennel, en présence d’élus et de représentants associatifs, pour rappeler l’importance du devoir de mémoire dans les institutions de la République. Le lendemain, le 22 avril, la ville de Marseille a une nouvelle fois offert une image forte et hautement symbolique. À l’initiative du maire, Benoît Payan, le Palais du Pharo s’est illuminé aux couleurs de l’Arménie. Face à la rade, plusieurs centaines de Marseillais se sont rassemblés pour assister à cette mise en lumière chargée d’histoire. C’est en effet par ce port que, dans les années 1920, des milliers de rescapés du Génocide trouvèrent refuge. Un siècle plus tard, la cité phocéenne continue d’assumer pleinement cet héritage, son héritage.
Mais au-delà des symboles, c’est la mobilisation de la jeunesse qui a marqué ces commémorations. La veille du 24 Avril, la FRA Nor Seround et l’UGAB ont organisé une marche commémorative et revendicative, réunissant plus de 500 personnes, dont une majorité de jeunes. Le cortège s’est élancé depuis l’église apostolique arménienne de Beaumont jusqu’au Mémorial du Génocide, en passant par le rond-point où se dresse le buste de Soghomon Tehlirian, figure emblématique de la justice pour avoir vengé le peuple arménien en exécutant le principal instigateur du Génocide, Talaat Pacha. Flambeaux à la main, émotion et détermination sur les visages, témoignant d’un dessein de justice intact. La transmission du flambeau n’est pas une formule : elle est une réalité tangible, incarnée par une génération qui s’approprie pleinement son histoire.
Le 24-Avril, jour officiel de commémoration, la traditionnelle marche a une nouvelle fois relié l’église de Beaumont au Mémorial, après une messe en hommage aux victimes. La foule, emmenée par la jeunesse des Badanis, du Nor Seround, des scouts Homenetmen, des jeunes footballeurs de l’UGA Ardziv, des élèves de l’école Hamaskaïne, a multiplié les slogans pour la liberté des prisonniers de guerre arméniens retenus en Azerbaïdjan, pour la reconnaissance et les réparations, pour la libération de l’Artsakh occupé. La cérémonie républicaine, au Mémorial, s’est tenue en présence du Premier ministre, Sébastien Lecornu, aux côtés notamment de la ministre Sabrina Agresti-Roubache, du maire Benoît Payan, de Martine Vassal, du préfet de région Jacques Witkowski, du vice-président de la Région Ludovic Perney et de nombreux élus locaux devant un parterre de plus de 1 000 personnes. Une présence institutionnelle forte, à la hauteur de l’enjeu mémoriel et politique. Moment particulièrement marquant, la prise de parole des coprésidents du CCAF-Sud, Azad Balalas Kazandjian et Aurore Bruna, a profondément touché l’assistance. Devant un public nombreux et attentif, ils ont rappelé l’exigence de reconnaissance, de justice et de vigilance face aux négationnismes contemporains.
À Marseille, où l’histoire arménienne s’écrit depuis plus d’un siècle, ces journées de commémoration ont démontré une nouvelle fois que la mémoire du Génocide ne relève pas seulement du passé. Elle est portée, vivante, par une jeunesse engagée, déterminée à ne jamais laisser le silence et l’injustice s’installer.









