“ Les activités du HOM au sein des structures de l’ONU sont irremplaçables ”

On ne le sait pas suffisamment, mais le HOM, les Croix de secours arméniennes, est reconnu comme une organisation non gouvernementale (Ong) qui dispose depuis près de 50 ans du droit à participer plusieurs fois par an aux travaux de l’ONU au sein de plusieurs commissions et conférences. Une présence qui lui a permis de “ porter la voix des femmes arméniennes ” comme l’a confié à France Arménie, Aroussiag Melkonian, la présidente au niveau mondial du HOM.


PROPOS RECUEILLIS PAR HAROUT MARDIROSSIAN


France Arménie : Depuis combien de temps le HOM est-il présent à l’ONU et quel est l’objectif de cette présence ?

Aroussiag Melkonian : Les Croix de secours arméniennes (HOM) auxquelles la Croix Bleue des Arméniens de France est affiliée en tant que grande organisation féminine disposant d’une structure diasporique mondiale, est activement présente depuis les années 1970 dans les travaux et programmes de l’ONU. Il s’agit là d’une collaboration extrêmement importante pour notre organisation et une reconnaissance par l’ONU de la qualité de notre travail en matière éducative, de santé ou humanitaire. Par ailleurs, la présence des délégations du HOM au sein de cette plateforme internationale des relations diplomatiques, est une occasion unique de présenter les programmes et projets futurs de l’organisation, ainsi que ses nombreuses activités dans les domaines humanitaire, social, sanitaire, éducatif et autres, que ce soit lorsque nous prenons la parole lors des conférences mais aussi lors des rencontres que nous avons en marge de ces conférences, en coulisses, avec les autres délégations. Le concours du HOM à l’ONU s’est encore consolidé lorsqu’il a rejoint en 1998, en tant qu’organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif, le Conseil économique et social (ECOSOC). Il participe chaque année aux discussions sur les questions relatives aux femmes, aux défis et aux crises auxquels elles sont confrontées, en ayant la possibilité d’organiser à chaque session un débat autour d’un thème que nous avons choisi. Nous avons ainsi mis plusieurs fois l’accent sur les droits des femmes en Artsakh, mais aussi en Arménie. Nous avons également attiré l’attention de l’ONU sur l’injustice faite aux femmes arméniennes victimes du Génocide de 1915.


Quelles sont les questions que le HOM entend défendre aujourd’hui dans ce forum international ?

Notre objectif depuis le départ reste le même : présenter, sensibiliser et discuter des problèmes sociaux, sanitaires, humains et autres auxquels les femmes sont confrontées. Dans ce cadre, nous entendons rester fortement mobilisées afin de présenter, sur cette importante scène internationale, les problèmes des femmes arméniennes — qu’elles soient de la Diaspora, d’Arménie, ou réfugiées après l’occupation de l’Artsakh — en les mettant pleinement en lumière à travers le prisme des missions et programmes globaux du HOM.


On dit souvent que l’ONU n’est plus très utile. Est-il néanmoins important d’y être présent ?

Une telle opinion repose sur l’idée que l’ONU ne parvient malheureusement pas à apporter des solutions rapides, efficaces et ciblées aux crises et problèmes mondiaux majeurs. De fait, l’ONU apparaît comme impuissante face aux drames auxquels le monde est confronté. Le HOM est bien conscient de ces critiques, mais il entend poursuivre fermement sa participation à leurs travaux, guidé par deux considérations essentielles : la première est la conviction profonde que l’ONU constitue, quoi qu’on en pense, un puissant espace de relations diplomatiques internationales, de relations publiques et de dialogues dont il est impossible de s’absenter, surtout pour une Ong comme le HOM. La politique de la chaise vide n’apporte rien et au contraire, l’ONU nous permet toujours de défendre les intérêts des femmes arméniennes. La seconde concerne la formation des jeunes générations, l’acquisition de connaissances et le développement des compétences en relations publiques. Nous voyons déjà le résultat de cette action sur nos membres qui ont participé depuis 1998 à ce travail. Les jeunes qui participent aux côtés du HOM acquièrent une pensée internationale, un langage diplomatique et des compétences en communication et en développement personnel, qu’ils mettent ensuite au service de leurs communautés et de causes collectives. Dans ce sens, les activités du HOM au sein des structures de l’ONU sont irremplaçables.


L’Arménie, à travers sa diplomatie, soutient-elle votre travail à l’ONU ?

À différentes périodes, les délégations du HOM ont collaboré avec les représentations diplomatiques arméniennes en bonne intelligence parce que nous poursuivions un but commun. Toutefois, il convient de souligner que le HOM est une structure indépendante, disposant du droit total de présenter ses idées et positions au sein de l’ONU, qui ne sont ni négociables ni susceptibles de concessions. Cette réalité a été comprise par tous les diplomates représentant l’Arménie au fil du temps.


La Turquie et l’Azerbaïdjan sont-ils présents et cherchent-ils à contrer votre travail ?

L’ONU étant une organisation mondiale, tous ses États membres y participent. Les délégations turque et azerbaïdjanaise y sont pleinement présentes au sein des mêmes enceintes où nous intervenons. Au fil des années, le HOM a souvent été confronté à des obstacles visibles et invisibles qu’elles ont créés pour tenter de nous mettre des bâtons dans les roues. Cela ne décourage cependant pas notre organisation. Bien au contraire, cela motive davantage nos délégations pour faire échouer leurs tentatives et mener à bien les missions que nous entendons effectuer. Et nous y parvenons !


Pour les années à venir, comment le HOM entend-il développer son travail à l’ONU et sur quelles questions ?

Le HOM aborde sa mission avec un grand sens des responsabilités. Notre objectif est clair. Il est de faire entendre, sur la scène internationale, la voix juridique et morale de la femme arménienne, de présenter ses points de vue, ses idées et sa vision du monde sur des questions essentielles qui ne les concernent pas uniquement mais qui ont également une portée mondiale. Nous avons déjà abordé plein de sujets mais il reste encore beaucoup à faire dans un contexte international difficile et dans une société arménienne en pleine mutation tant en Arménie qu’en Diaspora. Ce qui est sûr, c’est que le HOM continuera sans relâche à être le porte-parole, la voix des femmes arméniennes au sein de l’ONU, fidèle à l’histoire des Croix de secours arméniennes.

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