2e édition du cycle de cinéma arménien : « A cinematic affair »
par Dikran Zekian

Du 14 au 16 janvier, le Centre Wallonie Bruxelles de Paris accueille la deuxième édition du cycle de cinéma arménien « A cinematic affair ». Nos lecteurs se remémoreront la première manifestation consacrée il y a deux ans à une rétrospective du cinéma arménien des années 1990 à aujourd’hui. Pour la présente édition, l’accent est mis sur les œuvres contemporaines de réalisateurs d’Arménie et de diaspora, mais aussi de cinéastes iraniens, canadiens, suisses ou turcs.
Avec en fil directeur la résonance avec l’histoire et le territoire arméniens, il faut saluer l’exigence artistique qui a présidé au choix des propositions présentées au public par les trois curateurs : l’artiste plasticien et cinéaste Garush Melkonyan (FA 12/2023), Louise Martin Papasian, programmatrice (FIDMarseille), jury dans plusieurs festivals, cinéaste, et Astrig Chandez-Avakian, productrice, créatrice de Pazma Films. Seront projetés dix films, courts et longs métrages, au cours de cinq séances. C’est une opportunité rare qui est offerte car les œuvres présentées ont été peu diffusées. Ajoutons que les organisateurs ont pris soin de distinguer des films qui sortent des sentiers battus, épris de liberté, d’inventivité et d’audace, dans leur propos comme dans leur forme. La sélection proposée met en lumière la vivacité souvent ignorée du cinéma arménien contemporain, dont le propos se nourrit des convulsions de la contemporanéité arménienne, quand l’actualité rejoint l’Histoire pour des pages cruciales du futur.
Mes fantômes arméniens de Tamara Stépanyan aura les honneurs de la cérémonie d’ouverture, en présence de la réalisatrice, pour une projection suivie d’un débat. Abordant les thèmes de l’identité, de l’amour, de la lutte et de l’expression artistique, le film plonge le spectateur dans le cinéma arménien soviétique qu’a connu Stépanyan durant son enfance. Parmi les propositions alléchantes, soulignons celle d’Andrius Arutiunian, artiste et compositeur arméno-lituanien avec End Pull, qui ramène à la vie deux créatures issues du zoroastrisme préchrétien. Louise Martin Papasian précise qu’Arutiunian, “ d’abord artiste sonore, choisit le cinéma pour explorer la tension entre permanence et éphémérité, abstraction et narration. ” À l’heure où la question des frontières, de la carte et du territoire fait rage, dans la sélection « Routes fantômes », le film Armat d’Anna Mkrtumyan, A Passage du collectif Pevjak de Felix Kalmenson et Rouzbeh Akhbari, Detours while speaking of monsters de Deniz Şimşek et The mount A de Gohar Martirosyan, seront autant de sources de questionnements et mises en perspectives. Intitulée « Instructions pour le futur »l’une des deux thématiques de la dernière journée permet pour sa part de penser l’avenir. Sous l’appellation « Géographies intimes », on découvre dans Armat d’Elodie Dermange l’incapacité à exprimer l’amour qui se transmet de génération en génération et dans Géographies de Chaghig Arzoumanian, est retracée la route de l’exil de sa famille.
On ne peut qu’encourager le lecteur à réserver dès à présent ses places pour un événement à ne rater sous aucun prétexte !
Cycle « A cinematic affair »
du 14 au 16 janvier au Centre Wallonie Bruxelles, 46 rue Quincampoix, Paris 4e.
Métro-RER Châtelet-les-Halles.

Comment les Arméniens rescapés du Génocide ont-ils vécu leur installation à Alfortville ? Quel regard le pays d’accueil a-t-il porté sur leur intégration ? Fruit d’un partenariat entre la MCA d’Alfortville et l’Association ARAM de Marseille, l’exposition organisée à Alfortville par l’historien Sevan Ananian, avec le soutien de la municipalité, revient sur cette période.

Ce 24 Avril marque un double rendez-vous : la ressortie en salles de Sans retour possible (1983), film co-réalisé par Serge Avédikian et Jacques Kébadian, et la publication d'Un mur contre l'oubli, ouvrage conçu par ce dernier à partir de cette matière filmique. À cette occasion, Serge Avédikian revient sur un geste cinématographique né de la nécessité de transmettre et de faire mémoire, dont la portée et les résonances se prolongent encore aujourd'hui.
Des souvenirs familiaux aux tapis rouges des Oscars, il trace un parcours singulier entre héritage, identité et création. À travers ses films, il explore l’intime pour mieux toucher à l’universel et porter une voix encore trop rare à Hollywood. Le film qu’il a coproduit Sinners (Les Pécheurs) avec le réalisateur Ryan Coogler et son épouse Zinzi Coogler a été nommé dans 16 catégories aux Oscars. Sinners a remporté quatre statuettes.

On ne le sait pas suffisamment, mais le HOM, les Croix de secours arméniennes, est reconnu comme une organisation non gouvernementale (Ong) qui dispose depuis près de 50 ans du droit à participer plusieurs fois par an aux travaux de l’ONU au sein de plusieurs commissions et conférences. Une présence qui lui a permis de “ porter la voix des femmes arméniennes ” comme l’a confié à France Arménie, Aroussiag Melkonian, la présidente au niveau mondial du HOM.

À deux mois du scrutin législatif du 7 juin 2026, rendez-vous électoral crucial pour l'avenir de l'Arménie, la transnation arménienne s'est réunie à Paris les 11 et 12 avril 2026. Organisée à la Maison de la Mutualité, cette conférence de mobilisation de la Diaspora arménienne a bénéficié de la logistique et des réseaux de la FRA Dachnaktsoutioun en Diaspora et s'est donnée pour mission de faire entendre une autre voix, un autre positionnement politique articulé autour de la défense intransigeante de la Cause arménienne. Dans un contexte de crise existentielle sans précédent, cet événement a marqué l'émergence d'un contre-narratif face au discours officiel d'Erevan, une affirmation claire d'une arménité fondée sur la résistance et la dignité — et non sur la résilience passive

111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril

Entre crises économiques, tensions géopolitiques et guerres régionales, les Arméniens de Syrie, du Liban et d'Iran ont commémoré le 24-Avril dans des conditions exceptionnellement difficiles. Alors que ces communautés historiques, autrefois poumons de la Diaspora arménienne, luttent pour leur survie, le silence d'Erevan résonne comme un abandon.


