4 Oscars pour Sinners (Les Pécheurs) co-produit par Sev Ohanian et le réalisateur Ryan Coogler
Par Almasd LELOIRE KERACKIAN
Ce 15 mars 2026, nombre d’Arméniens de Los Angeles mais aussi du monde entier ont guetté la célèbre cérémonie des Oscars, retransmise du Dolby Theater de Hollywood sachant que Sinners concourait pour 16 éventuelles récompenses.
Déjà distingué au BAFTA 2026 (britannique) et aux Golden Globes, Sinners, écrit et réalisé par Ryan Coogler, (Black Panther et Creed), coproduit par Sev Ohanian, Ryan Coogler et son épouse Zinzi Coogler était nommé dans 16 catégories de la compétition. Tout à fait exceptionnel !
Parmi les nombreuses personnalités créatives de notre communauté depuis plusieurs générations à Hollywood, Sev Ohanian monte en puissance en tant que producteur avec ce film singulier. Il est dans la lignée de la productrice Tanya Seghatchian, nommée en 2022 pour The Power of the Dog.
Sev et Ryan collaborent depuis leurs études à l’University of Southern California. Le succès commercial de Sinners avec 370 millions de dollars de recette n’est pas le critère de ces nominations car l’Académie des Oscars recherche l’originalité, la nouveauté, la créativité. Sinners conjugue film d’horreur, dans les années 30 et l’univers du jazz, et le thème de la ségrégation raciale puisqu’il se déroule dans la communauté noire du Mississipi. Ce long métrage a réuni de talentueux artistes déjà reconnus par la profession ou ayant une collaboration fructueuse avec le réalisateur Ryan Coogler. Les récompenses suprêmes sont attribuées à Ludwig Göransson (3e Oscar après Black Panther de Ryan Coogler et Oppenheimer) pour la meilleure musique originale ; Autumn Durald Arkapaw, première femme à remporter l’Oscar de la meilleure photographie ; Michael B. Jordan meilleur acteur dans le rôle principal ; Ryan Coogler pour le meilleur scénario original.
Actuellement, le film est disponible sur les plateformes en ligne comme Canal+ et prime vidéo.
Sev Ohanian foule le tapis rouge du Dolby Theater pour ce long métrage mais ce n’est pas la première fois car sa production de 2021, Judas and the Black Messiah, avait remporté un Oscar pour le meilleur second rôle masculin.
Natalie Musteata, qui a mentionné ses origines arméniennes de Roumanie, a gagné l’Oscar du meilleur court métrage en prises de vues réelles avec Deux personnes échangeant de la salive. Cette œuvre de langue française, distinguée au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, a été écrite et réalisée par le couple Natalie Musteata et Alexandre Singh. Les interprètes sont Zar Amir Ebrahimi (Les Nuits de Mashad et Le Pays d’Arto) et Luana Bajrami (Portrait de la jeune fille en feu).
Telles des apparitions sur le tapis rouge, les designers arméniens ont fait tourner les têtes grâce aux tenues des personnalités comme Madeline Sharafian, nommée pour la réalisation de Elio sublimée par la recherche de matières de Varduhi Torozyan ; Francine Maisler, directrice de casting de Sinners, dans les drapés fluides de Louiza Babouryan, avec les bijoux de Sonia Boyajian et Arman Sarkisyan ; Mailys Vallade, co-réalisatrice de Amélie ou la métaphysique des tubes, avec une jupe de Von Vemian, et les bijoux d’ Arman Sarkisyan.

Comment les Arméniens rescapés du Génocide ont-ils vécu leur installation à Alfortville ? Quel regard le pays d’accueil a-t-il porté sur leur intégration ? Fruit d’un partenariat entre la MCA d’Alfortville et l’Association ARAM de Marseille, l’exposition organisée à Alfortville par l’historien Sevan Ananian, avec le soutien de la municipalité, revient sur cette période.

Ce 24 Avril marque un double rendez-vous : la ressortie en salles de Sans retour possible (1983), film co-réalisé par Serge Avédikian et Jacques Kébadian, et la publication d'Un mur contre l'oubli, ouvrage conçu par ce dernier à partir de cette matière filmique. À cette occasion, Serge Avédikian revient sur un geste cinématographique né de la nécessité de transmettre et de faire mémoire, dont la portée et les résonances se prolongent encore aujourd'hui.
Des souvenirs familiaux aux tapis rouges des Oscars, il trace un parcours singulier entre héritage, identité et création. À travers ses films, il explore l’intime pour mieux toucher à l’universel et porter une voix encore trop rare à Hollywood. Le film qu’il a coproduit Sinners (Les Pécheurs) avec le réalisateur Ryan Coogler et son épouse Zinzi Coogler a été nommé dans 16 catégories aux Oscars. Sinners a remporté quatre statuettes.

On ne le sait pas suffisamment, mais le HOM, les Croix de secours arméniennes, est reconnu comme une organisation non gouvernementale (Ong) qui dispose depuis près de 50 ans du droit à participer plusieurs fois par an aux travaux de l’ONU au sein de plusieurs commissions et conférences. Une présence qui lui a permis de “ porter la voix des femmes arméniennes ” comme l’a confié à France Arménie, Aroussiag Melkonian, la présidente au niveau mondial du HOM.

À deux mois du scrutin législatif du 7 juin 2026, rendez-vous électoral crucial pour l'avenir de l'Arménie, la transnation arménienne s'est réunie à Paris les 11 et 12 avril 2026. Organisée à la Maison de la Mutualité, cette conférence de mobilisation de la Diaspora arménienne a bénéficié de la logistique et des réseaux de la FRA Dachnaktsoutioun en Diaspora et s'est donnée pour mission de faire entendre une autre voix, un autre positionnement politique articulé autour de la défense intransigeante de la Cause arménienne. Dans un contexte de crise existentielle sans précédent, cet événement a marqué l'émergence d'un contre-narratif face au discours officiel d'Erevan, une affirmation claire d'une arménité fondée sur la résistance et la dignité — et non sur la résilience passive

111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril

Entre crises économiques, tensions géopolitiques et guerres régionales, les Arméniens de Syrie, du Liban et d'Iran ont commémoré le 24-Avril dans des conditions exceptionnellement difficiles. Alors que ces communautés historiques, autrefois poumons de la Diaspora arménienne, luttent pour leur survie, le silence d'Erevan résonne comme un abandon.


