Au service du peuple arménien depuis 115 ans
2025 marque le 115e anniversaire de la création du HOM, le Hay Oknoutian Mioutioun à laquelle la Croix Bleue des Arméniens de France est affiliée. L’occasion de revenir sur l’histoire et l’action de ces femmes qui entendent, générations après générations, être fidèles à leur devise : “ Avec le peuple, pour le peuple ”.
par Armenag Bedrossian

Le premier congrès de la Croix-Rouge arménienne s’est tenu à Boston en mai 1915 où 33 sections enregistrées aux États-Unis et au Canada se sont réunies. L’objectif était clair : une collecte de vêtements pour les réfugiés arméniens du Caucase ; la formation d’infirmières destinées au front pour soigner les blessés ; des cours de langue arménienne pour ses membres ; une campagne de recrutement et la création d’écoles arméniennes partout où des sections étaient implantées. Quatre ans plus tard, en juin 1919, pour le 2e congrès, la situation a profondément changé. La guerre est finie, le Génocide des Arméniens a fait 1,5 million de morts et une République d’Arménie indépendante a vu le jour. C’est vers elle que se tournent alors les efforts des Homouies comme on les appelle déjà. Ne pouvant plus garder le nom de Croix-Rouge arménienne réservée à celles qui sont sur le territoire de l’Arménie, elles adoptent le nom de Armenian Relief Society (ARS) en anglais, Hay Oknoutian Mioutioun ou HOM en arménien.
Très rapidement, les activités du HOM s’étendent dans l’ensemble de la Diaspora, du Moyen-Orient (Syrie, Liban, Irak, Egypte, Iran, Palestine), à l’ensemble des Etats-Unis mais aussi en Europe (France, Grèce, Macédoine, Bulgarie et Roumanie) au fil des arrivées des survivants du Génocide. En France, les Croix de secours arméniennes deviendront la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) qui a été fondée en 1928, sous l’impulsion d’Archak Djamalian mais déjà en 1918, il existait à Marseille au sein du Camp Oddo, une section de la Croix-Rouge arménienne. Le premier conseil d’administration de la Croix Bleue des Arméniens de France était composé de mesdames Alanian, Israelian, Baghsassarian, Seringulian et Ghazarian. Un an plus tard, les Croix de secours arméniennes de France comptent déjà 13 sections et près de 400 membres. Au coeur des préoccupations, les problèmes d’hygiène sanitaire notamment chez les enfants, mais aussi leur éducation, l’évolution du statut de la femme, la préservation de l’identité arménienne, la solidarité communautaire. Leur première initiative est la création d’un centre d’action sanitaire et sociale pour les enfants avant l’organisation, dès 1929, de séjours de vacances pour les déshérités. C’est en 1935 qu’elle prend officiellement le nom de Croix Bleue des Arméniens de France, là encore pour se distinguer de la Croix-Rouge. A partir de là, ce sont de nombreuses écoles hebdomadaires qui voient le jour, une colonie de vacances à Bellefontaine dans le Jura en 1955 (voir notre numéro spécial de juillet 2025), mais aussi des actions en faveur des personnes âgées et l’accompagnement des arrivées du Moyen-Orient à cause de la guerre au Liban. Au fil du temps, le nombre de membres s’accroît pour atteindre plus de mille à la fin des années 1970, ce qui en fait l’association arménienne avec le plus de membres de France.
En 1986, la Croix Bleue des Arméniens de France voit sa présence et son action reconnues par l’Etat français puisqu’elle reçoit le statut d’« association reconnue d’utilité publique », un statut réservé à moins de 2 000 associations en France sur le million enregistré.
Ce statut et surtout leur dévouement, la Croix Bleue des Arméniens de France et le HOM vont le démontrer en 1988 lors du tremblement de terre qui frappa le nord de l’Arménie, en mettant en place une incroyable chaîne de solidarité. Elle verra décoller de France plusieurs avions d’aide humanitaire dont la distribution des colis sera accompagnée par les volontaires venus sur place. Au passage, débutera la formation et l’organisation de leurs consoeurs d’Arménie, qui verra la création de la section Arménie et de la section Artsakh du HOM dès août 1991, ainsi que la section Djavakhk (Géorgie).
Avec le début du mouvement Karabagh, le HOM et la CBAF se sont mobilisés en faveur des communautés arméniennes qui ont été déracinées des villes azerbaïdjanaises de Bakou, Soumgaït et Kirovabad et dont certaines ont trouvé refuge en France. Il a fallu aussi apporter une aide aux familles du Karabagh, victimes de la guerre, et notamment des orphelins. L’ARS a été la première organisation humanitaire à fournir des fonds pour héberger ces milliers de réfugiés et pour prendre en charge et accompagner les familles en Artsakh pour leur permettre de rester sur place. Ce sera aussi la création des 12 écoles maternelles « Sossé Mayrig » d’Artsakh, dont celle de Khentsristan prise en charge par la CBAF.
Il faut aussi encourager la natalité en Arménie et accompagner médicalement les futures mères par des soins gratuit et de qualité : ce sera la création par le HOM, en 1997, du Centre de la mère et l’enfant à Akhourian, dans le Chirak, et ses plus de 20 000 naissances en 28 ans, soit 50% de l’ensemble des maternités de la région. Une action d’accompagnement médical au quotidien que l’on retrouve aussi au dispensaire Boulghourjian de Beyrouth.
Une action du HOM et de la CBAF qui se poursuit encore aujourd’hui dès lors que des communautés arméniennes souffrent. Elles sont aux côtés des soldats du centre de rééducation d’Erevan, Zinvori Doune, des réfugiés d’Artsakh dont la section a été maintenue en exil avec les Foyers de l’espoir, des communautés syrienne et libanaise en organisant des cantines solidaires durant la période de la guerre, de la crise économique ou de l’explosion du port de Beyrouth. Chacune des actions organisées au niveau local sert au financement de ses actions humanitaires mais aussi au maintien de plusieurs centaines d’écoles à travers le monde pour permettre la préservation de la langue, de l’identité et de la culture arménienne.
Il y a quelques semaines, à l’occasion de son 115e anniversaire, le HOM, qui compte aujourd’hui près de 15 000 membres, a organisé un séminaire de travail en Arménie pour faire le point sur l’ensemble de ses actions. 170 membres des 26 pays où le HOM est présent, dont une vingtaine de Khatchouies de France ont répondu présent pour préparer les actions des années à venir. Des actions auxquelles vont participer les 14 sections de la Croix Bleue des Arméniens de France et leurs près de 500 membres. Vous pouvez vous aussi participer en rejoignant ces femmes courageuses (les hommes sont acceptés), en les aidant par un don ou un legs ou tout simplement en participant à une de leurs actions que vous retrouverez dans l’agenda de France Arménie.
Croix Bleue des Arméniens de France,
17 rue Bleue, 75009 Paris
Tél : 01 53 34 18 18
Email : cbaf@wanadoo.fr
Site internet : https://croixbleue-france.com/

Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.

Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։

Notre numéro de juillet-aout 2026 est parti chez nos abonnés avec en couverture Simon Abkarian pour son rôle majeur dans le film De Gaulle. L'occasion de se poser la question si ce refus de la capitulation et ce choix de la résistance chez De Gaulle n'est pas l'exemple à suivre pour les Arméniens. Nous revenons aussi sur les élections législatives en Arménie et la victoire contestée de Nikol Pachinian, mais nous aurons aussi une large page culture et 2 reportages photos sur le Siunik à emmener aec vous sur les plages, la montagnes ou en Arménie cet été.

« Les Journées Adamov en Arménie » constituent un projet porté par la Cie Saté-Âtre afin de promouvoir le théâtre contemporain français en Arménie tout en valorisant la culture arménienne en France et à l’international. Redécouvrir l’œuvre d’Arthur Adamov s’inscrit pleinement dans cette démarche : dramaturge majeur du XX e siècle, il représente un véritable pont culturel entre les deux pays.





