New York, porte d’entrée des Arméniens en Amérique
par Rouben KOULAKSEZIAN
D’Ellis Island à Sunnyside et Paterson, en passant bien sûr par la “petite Arménie” de Murray Hill, New York porte encore les traces profondes d’une présence arménienne presque bicentenaire.
L’un des premiers étudiants de l’université de New York fut un Arménien ottoman, Khatchadour « Christopher » Oscanyan, arrivé en 1834. Il travailla plus tard comme journaliste pour le New York Herald Tribune, rédigeant des articles qui présentaient le peuple arménien et son mode de vie aux lecteurs américains, et devint même, par la suite, président du célèbre New York Press Club.
Le quartier de Murray Hill, près du siège des Nations unies, était connu sous le nom de « petite Arménie » jusqu’aux années 1950. C’est là que fut consacrée la première église arménienne de New York, la cathédrale Saint-Illuminator, située sur la 27e rue entre la 2e et la 3e avenue ; cette ancienne église méthodiste, rachetée par des Arméniens de la région, ouvrit en 1916. En remontant la 2e avenue depuis la 34e rue, on ne peut manquer le dôme brillant de la cathédrale Saint-Vartan, qui s’élève à 37 mètres au-dessus du niveau de la rue et fait partie de la skyline de New York depuis sa consécration en 1968. Elle abrite une librairie ainsi que le Centre d’information Zohrab, un centre de recherche ouvert aux visiteurs. L’église évangélique arménienne, chef-d’œuvre architectural également, se trouve sur la 34e rue, à un pâté de maisons, consacrée en 1923 et entièrement rénovée en 1988. Une autre église arménienne existe à Manhattan, dans le quartier de Washington Heights : l’église Sainte-Croix, qui date de 1929.
Un lieu emblématique de la présence arménienne historique dans le quartier est l’épicerie Kalustyan’s sur Lexington Avenue, fondée en 1944 par un Arménien originaire de Turquie ; si elle n’a plus grand-chose d’arménien aujourd’hui, son nom a été conservé. Plusieurs musées abritent des pièces remarquables, comme The Artist and His Mother du peintre arménien Arshile Gorky au Whitney Museum, ou encore un khatchkar du 13e siècle au MET (Metropolitan Museum of Art). Pour les amateurs d’art, les galeries de Larry Gagosian, né en 1945 dans une famille arménienne de Los Angeles, comptent parmi les plus influentes du monde de l’art.
Pour tout visiteur arménien, un passage par le musée de l’immigration d’Ellis Island, près de Liberty Island, s’impose. Entre 1892 et 1954, douze millions d’immigrants sont entrés aux États-Unis par Ellis Island : plus de 50 % de la population américaine actuelle a un ancêtre passé par ce point d’entrée. L’histoire des près de 100 000 Arméniens qui y sont passés est présentée dans le musée. Les visiteurs peuvent également consulter les archives de l’île pour rechercher des membres de leur famille. Parmi les nombreux immigrants passés par Ellis Island figurent le peintre Arshile Gorky ou encore le restaurateur George Mardikian.
Dans la seconde moitié du 20e siècle, de nombreuses familles arméniennes quittèrent Manhattan pour des appartements plus spacieux dans le Queens. À Sunnyside, plusieurs milliers d’Arméniens de Roumanie s’installèrent dans les années 1960-70, attirés par des loyers bas et la proximité de Manhattan. Certains quittèrent plus tard le quartier, mais quelques institutions subsistent, comme le torréfacteur Baruir’s Coffee, ouvert depuis 1966. Plus à l’est, Bayside devint le principal quartier arménien du Queens, avec à proximité deux églises arméniennes, Saints-Martyrs et Saint-Sarkis, ainsi que le restaurant Sevan.
De l’autre côté du fleuve Hudson, le New Jersey est un État distinct de New York mais très accessible, et beaucoup d’habitants travaillent à Manhattan et empruntent les trains du NJ Transit ou le PATH. Le New Jersey compte plusieurs églises arméniennes, dont la plus ancienne et la plus facilement accessible est l’église Sainte-Croix d’Union City, inaugurée en 1910 et située à dix minutes en bus NJ Transit de la gare Port Authority. On y trouve de très bons restaurants arméniens, notamment Krichian’s Grill & Bistro et Nouri Café à Paterson, ou Mado à River Edge.
Conseils de voyage
• Quand partir ?
Les meilleurs mois pour partir à New York sont avril, mai, juin, septembre et octobre, lorsque le climat est idéal et la ville agréable à explorer, même si décembre a son charme pour l’ambiance de Noël.
• Quel circuit prévoir ?
Facilement accessible en train ou en voiture, le Massachusetts est l’un des États américains où l’histoire arménienne est la plus marquée, à Boston et Watertown, mais également à Worcester, où se trouve la plus ancienne église arménienne d’Amérique (1891).

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