EDITORIAL JANVIER 2026 "Aux Urnes Citoyens"
Par Harout Mardirossian

Au cours des six prochains mois, trois élections se proposent à nous. Le 14 juin en Arménie, se dérouleront des élections législatives cruciales, les 15 et 22 mars se dérouleront en France des élections municipales et les 6, 7 et 8 février se dérouleront les premières élections au suffrage universel des adhérents directs du CCAF. Bien sûr, il ne s’agit pas là de les amalgamer. Ces trois élections ne se placent pas au même niveau d’enjeux et se situent dans des contextes très différents.
En Arménie, les élections législatives de juin prochain seront existentielles. A force de cliver et de s’isoler, à force de s’en prendre à la Diaspora, à ses opposants politiques, à l’Eglise arménienne, aux historiens, aux défenseurs de la Cause arménienne, Nikol Pachinian a transformé ces élections en un référendum pour ou contre sa politique de concessions à la Turquie et à l’Azerbaïdjan qu’il a, lui, renommée “ la paix ” ou “ l’Arménie réelle ”. Sa reconduite au pouvoir, grâce à l’aide massive des Etats-Unis et de l’Europe qui, eux, n’ont qu’un seul objectif, sortir l’Arménie de l’orbite russe, serait à cet égard catastrophique pour toutes les valeurs auxquelles nous croyons et en premier lieu à la Cause arménienne. La Turquie et l’Azerbaïdjan, qui restent les ennemis du peuple arménien et qui souhaitent toujours son anéantissement, pourront alors, fort de cette légitimité politique, vassalisé définitivement l’Arménie qui sera, contrairement à ce qu’affirme Pachinian, tout sauf un Etat indépendant. Il y aura donc bien un avant et un après historique pour ces élections.
En France, les élections municipales de mars prochain, restent avant tout centrées sur des considérations locales. Pourtant, elles verront des Français d’origine arménienne s’investir dans ce débat démocratique. Certains, comme à Lyon et Valence, aspirent à devenir le premier édile de leur ville. Il s’agit là d’une noble ambition : mettre son expérience et son dynamisme au service de ses concitoyens. 100% Français, 100% Arméniens, ils sont porteurs de cette double culture et s’inscrivent pour la très grande majorité dans un cadre républicain. Tel n’est pas le cas de l’entrisme politique porté cette fois encore, par des représentants des mouvements politiques extrêmes turcs qui ne seront là que pour mettre à mal l’amitié franco-arménienne et les acquis locaux de la Cause arménienne. Nous soutiendrons les premiers et nous combattrons les seconds.
Les élections des adhérents directs au CCAF seront, elles, historiques. Pour la première fois, chaque personne qui partage le destin du peuple arménien pourra élire démocratiquement ceux qui la représenteront au sein de l’organe communautaire reconnu par les Autorités françaises. Nous attendions ce moment depuis de nombreuses années et enfin nous y sommes. Alors ne passons pas notre tour et inscrivons-nous, faisons inscrire nos familles, nos amis, pour renforcer encore le poids de nos revendications et de notre représentation.
Mais ces trois élections ont deux points en commun : l’Artsakh et la Cause arménienne. Dans les trois cas, ce sujet sera au cœur de l’élection. En Arménie, le soutien à l’Artsakh, à la reconnaissance du Génocide des Arméniens, au symbole de l’Ararat et à l’Eglise arménienne, sont la ligne de fracture entre Nikol Pachinian qui entend les mettre de côté et ceux qui entendent ne rien lâcher sur ce qui constitue l’âme du peuple arménien. En France, l’engagement des candidats en faveur de l’Artsakh et de la Cause arménienne sera aussi déterminant dans le choix du bulletin des électeurs d’origine arménienne. Au CCAF, l’alignement sur l’Arménie ou la poursuite de la défense de l’Artsakh sera aussi un des critères du vote en faveur des différentes listes qui se sont constituées.
Alors aux urnes, citoyens !
L’indifférence n’est pas un choix. Voter est un acte militant pour faire entendre vos aspirations légitimes et défendre la Cause arménienne.
En attendant, tous nos vœux pour cette année 2026 !

Comment les Arméniens rescapés du Génocide ont-ils vécu leur installation à Alfortville ? Quel regard le pays d’accueil a-t-il porté sur leur intégration ? Fruit d’un partenariat entre la MCA d’Alfortville et l’Association ARAM de Marseille, l’exposition organisée à Alfortville par l’historien Sevan Ananian, avec le soutien de la municipalité, revient sur cette période.

Ce 24 Avril marque un double rendez-vous : la ressortie en salles de Sans retour possible (1983), film co-réalisé par Serge Avédikian et Jacques Kébadian, et la publication d'Un mur contre l'oubli, ouvrage conçu par ce dernier à partir de cette matière filmique. À cette occasion, Serge Avédikian revient sur un geste cinématographique né de la nécessité de transmettre et de faire mémoire, dont la portée et les résonances se prolongent encore aujourd'hui.
Des souvenirs familiaux aux tapis rouges des Oscars, il trace un parcours singulier entre héritage, identité et création. À travers ses films, il explore l’intime pour mieux toucher à l’universel et porter une voix encore trop rare à Hollywood. Le film qu’il a coproduit Sinners (Les Pécheurs) avec le réalisateur Ryan Coogler et son épouse Zinzi Coogler a été nommé dans 16 catégories aux Oscars. Sinners a remporté quatre statuettes.

On ne le sait pas suffisamment, mais le HOM, les Croix de secours arméniennes, est reconnu comme une organisation non gouvernementale (Ong) qui dispose depuis près de 50 ans du droit à participer plusieurs fois par an aux travaux de l’ONU au sein de plusieurs commissions et conférences. Une présence qui lui a permis de “ porter la voix des femmes arméniennes ” comme l’a confié à France Arménie, Aroussiag Melkonian, la présidente au niveau mondial du HOM.

À deux mois du scrutin législatif du 7 juin 2026, rendez-vous électoral crucial pour l'avenir de l'Arménie, la transnation arménienne s'est réunie à Paris les 11 et 12 avril 2026. Organisée à la Maison de la Mutualité, cette conférence de mobilisation de la Diaspora arménienne a bénéficié de la logistique et des réseaux de la FRA Dachnaktsoutioun en Diaspora et s'est donnée pour mission de faire entendre une autre voix, un autre positionnement politique articulé autour de la défense intransigeante de la Cause arménienne. Dans un contexte de crise existentielle sans précédent, cet événement a marqué l'émergence d'un contre-narratif face au discours officiel d'Erevan, une affirmation claire d'une arménité fondée sur la résistance et la dignité — et non sur la résilience passive

111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril

Entre crises économiques, tensions géopolitiques et guerres régionales, les Arméniens de Syrie, du Liban et d'Iran ont commémoré le 24-Avril dans des conditions exceptionnellement difficiles. Alors que ces communautés historiques, autrefois poumons de la Diaspora arménienne, luttent pour leur survie, le silence d'Erevan résonne comme un abandon.


