Le complexe Homenetmen : “ Ce n’était pas un rêve, nous savions que nous allions réussir ”

propos recueillis par Arèn Zarehdjian

Entretien avec Hratch Sisserian, ancien membre du bureau mondial du Homenetmen, ancien président du Homenetmen France qui a porté à bout de bras le projet de construction du centre sportif et culturel du Homenetmen France. 


France Arménie : Depuis combien de temps vous aviez cette idée de bâtir un complexe propre au Homenetmen ? 
Hratch Sisserian : Ça fait à peu près 40 ans que nous avions l’idée de bâtir quelque chose. Nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions pas avancer si nous n’avions pas notre propre complexe sportif et culturel. D’ailleurs, depuis que notre section a été fondée (1977), nous stagnions, nous restions toujours aux environs des 150, 200 membres (section Paris). Pour mes collègues du comité des sages et moi, ce n’était pas un rêve, nous savions que nous allions réussir. C’était un objectif, et puis nous nous sommes tellement entêtés depuis tant d’années. 

Qu’est-ce que le comité des sages et quel est son rôle ? 
Le comité des sages a été fondé par notre assemblée générale en 2015. Son travail consistait à chercher un terrain et essayer de bâtir quelque chose… ce que nous avons réussi. Dans le comité des sages, sur cinq personnes, il y a quatre anciens présidents. A présent, le comité sera responsable du gymnase, c’est-à-dire qu’il doit trouver le financement, l’entretien, l’organisation…

Pourquoi avez-vous choisi la ville d’Issy-les-Moulineaux ? 
Nous cherchions un endroit depuis longtemps. Il y a une trentaine d’années, nous avions sollicité plusieurs villes, sans succès. Finalement, le destin a fait que monsieur Santini a accepté notre demande. Je vais vous donner une anecdote : en 1981, j’étais à Montréal pour les jeux du Homenetmen, et là-bas j’ai été impressionné par le fait que tout était regroupé sur une même place : le complexe sportif, l’église et l’école arménienne. Et nous nous sommes dit à l’époque, lors du tournoi de basket, que ce serait bien si un jour nous arrivions à faire de même en France. Ce n’est pas sur la même place mais en un seul lieu.

Avec qui avez-vous travaillé sur ce projet ? 
Seulement avec des membres du Homenetmen. Nous sommes un groupe, nous savons comment s’organiser. Chacun savait ce qu’il devait faire, comment faire. Il n’y avait pas de calculs. Quand nous demandions de l’aide, le lendemain beaucoup de jeunes qui n’étaient pas membres ou les scouts étaient là. Nous n’avons pas eu d’aide extérieure. Tous les membres ont travaillé pour ce projet. 

Quelles ont été les principales difficultés pendant ces années de travaux ? 
Avoir assez d’argent pour construire quelque chose. Il y a eu des moments où les travaux n’avançaient pas comme nous voulions, ensuite il y a eu des grèves, les gilets jaunes, le Covid… Normalement, le centre devait être prêt fin 2022, nous avons eu trois ans de retard à cause de ces aléas.

En quoi ce complexe répond-il aux besoins de la jeunesse arménienne ? 
Ce complexe doit être la maison, point de repère des jeunes à partir de 5, 6 ans, où quand ils ne savent pas quoi faire ou comment s’occuper, ils ont un lieu où faire du sport, parler à d’autres jeunes ou manger un bout quand nous aurons notre restaurant. Nous voulons proposer des cours de cuisine, créer une chorale pour eux, un endroit où ils auront presque tout ce qu’ils désirent pour ne pas aller ailleurs ou scroller sur leur téléphone du matin au soir. 

Pensez-vous qu’il devienne le cœur de la communauté ? 
En trois mois déjà, il y a beaucoup de mouvement. Des personnes que nous ne connaissions pas nous posent des questions, viennent voir le complexe et demandent comment inscrire leurs enfants. En plus, il y a aussi l’école Hamaskaïne-Tarkmantchatz qui a commencé à collaborer avec nous. Ils envoient leurs enfants. Les jeunes de l’école viennent les mercredis après-midi pour des activités sportives comme dans un centre de loisirs. 


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