Une nouvelle ère pour le Homenetmen France

Par Aren Zarehdjian

L’attente a été longue, mais le résultat en valait la peine. Le 22 novembre 2025 restera comme une date historique pour le Homenetmen France : celle de l’inauguration de son nouveau centre culturel et sportif à Issy-les-Moulineaux, après plusieurs décennies et sept longues années de travail acharné. L’association dévoile enfin à ses membres son propre complexe 
de 3 000 m2, véritable symbole d’un rêve devenu réalité.

Cette inauguration, unique en Europe, a rassemblé plus de 800 personnes, un chiffre impressionnant quand on sait que les gradins du gymnase n’en accueillent que 300, un dispositif énorme. Une affluence qui en dit long sur l’enthousiasme entourant cet événement, marquant un nouveau chapitre pour le Homenetmen France. Dès leur arrivée, les invités étaient plongés dans l’histoire de l’association grâce à une exposition de photos retraçant son évolution, de sa création (section de Paris) à aujourd’hui. Un parcours visuel qui rappelait que le Homenetmen n’est pas qu’une simple association : c’est une institution dont l’héritage s’est construit au fil de plusieurs décennies. L’importance de cette journée était également marquée par la présence de nombreuses personnalités, notamment Hagop Khatcherian, président du Bureau mondial du Homenetmen et Hussam Hariri, fils de Saad Hariri, qui témoignent de la portée internationale et symbolique de cette inauguration. 

Pour cet événement exceptionnel, dix tableaux retraçaient l’histoire arménienne et celle du Homenetmen de 1915 à nos jours. Au programme, discours, représentations artistiques et défilé des scouts. Ermonia, talent révélé dans la saison 5 de The Voice Kids, a interprété « La Bohème », de Charles Aznavour, un titre personnel : “ C’est la chanson que j’ai interprétée lors de la finale de The Voice Kids, avant de poursuivre : “ Elle m’a accompagnée durant mon enfance et elle m’accompagne encore aujourd’hui ”. Essaï Altounian, un pur produit du Homenetmen, n’aurait manqué pour rien cette cérémonie : “ Le Homenetmen fait partie de mon identité, de ma construction personnelle et morale. Etre présent, c’était rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont porté cette vision pendant des décennies ”. 

 1918 : création du Homenetmen 

Au début du XXe siècle, une nouvelle génération d’intellectuels arméniens aspire à structurer l’éducation et le sport au sein de la communauté. Inspirés par le mouvement scout européen, ils souhaitent l’adapter aux jeunes Arméniens et s’appuient sur Marmnamarz (éducation physique), la première revue sportive arménienne créée par Shavarsh Krissian qui marque un tournant décisif. Certaines figures, dont Hovhannès Hintlian, Krikor Hagopian et Vahan Cheraz posent les bases d’une organisation mêlant sport, culture et scoutisme. 
En 1918, l’organisation se structure sous le nom de Homenetmen “ Hay marmnagrtagan enthanour mioutioun ” et voit la création de sa première section à Constantinople, autour de la devise devenue emblématique : “ Élève-toi et élève les autres ”. Le mouvement se développe rapidement avec aujourd’hui plus de cent sections à travers le monde, dans plus de 25 pays, regroupant 25 000 membres. 

Les étapes fondatrices en France 

1977 marque la création de la section parisienne par Souren Mouradian, entouré d’anciens membres et de jeunes passionnés. Le but : former des citoyens responsables et fiers de leurs racines à travers des programmes diversifiés. Le scoutisme devient la première activité structurée et démarre aussitôt. 
En 1980, le 2e jamboree international est organisé à Clamart, sous l’égide du Comité mondial. Lors de cette même année, deux équipes sont formées et engagées dans les championnats départementaux : une en basketball, une deuxième en football. 9 ans plus tard, un voyage historique en Arménie est organisé pour un camp scout à Dilidjan, marquant le premier déploiement des drapeaux arménien et Homenetmen sur la terre patrie. L’association s’étend ensuite dans les grandes villes où la Diaspora est implantée : Lyon, Marseille, Valence et Nice, avec à chaque fois la création d’équipes sportives et de groupes scouts. En France, on compte pas moins de 850 membres Homenetmen. 
L’année 2025 marque un tournant avec l’inauguration, à Issy-les-Moulineaux, du premier centre Homenetmen d’Europe, une infrastructure communautaire moderne, symbole de transmission, de pérennité et d’avenir pour la jeunesse arménienne. 
  • Un complexe unique en Europe

    l'équipe de Basket sénior prend la pause

    Bouton
  • Un complexe unique en Europe

    Hratch Sisserian coupe le ruban 

    Bouton
  • Un complexe unique en Europe

    Eleve toi et élève les autres, la devise du Homenetmen 

    Bouton
  • Un complexe unique en Europe

    Jeunes scouts lors de l'inauguration

    Bouton
  • Un complexe unique en Europe

    Le logo du Homenetmen au centre du gymnase

    Bouton
  • Un complexe unique en Europe

    Facade extérieure du complexe du Homenetmen France 

    Bouton

Le complexe et sa triple vocation 


L’ouverture du nouveau centre du Homenetmen marque l’arrivée de disciplines inédites qui viennent enrichir la palette des pratiques sportives proposées. En effet, ayant déjà une équipe de basketball et de football masculin, l’association souhaite miser sur la diversité pour répondre à la forte demande. Tels le badminton, le basketball avec une section féminine et junior, la danse avec des cours de salsa, le futsal (foot en salle), le kung fu, le MMA (arts martiaux mixtes), le taï chi / chi gong, le pilate, le tennis de table dans une salle dédiée, le volleyball ou encore le yoga. Dans l’objectif de transmettre la culture arménienne, le Homenetmen propose là aussi de nouvelles activités : des cours de langue et de cuisine arméniennes, des cours d’échecs mais aussi des activités musicales avec des cours de dehol et de kamantcha, instruments traditionnels arméniens. De plus, des conférences et des expositions seront ouvertes au grand public.  

Le scoutisme occupant une place centrale, l’association, a décidé depuis peu d’ouvrir un nouveau groupe, "les mowgli" pour les jeunes de 4 à 6 ans. Le tout en maintenant les trois autres groupes déjà en place : les "Kayligs / Ardzevigs" pour les enfants de 7 à 11 ans, le groupe des "Aris / Arenoush" pour les jeunes de 12 à 16 ans et pour les plus grands, le groupe des "Yerets / Barmanouhis" allant de 17 à 35 ans. Ces trois groupes sont supervisés par Gassia Nigoghossian, responsable de tous. 

Le nouveau centre culturel et sportif du Homenetmen s’impose comme une infrastructure moderne et ambitieuse, fruit de longues années de travail comme le souligne André Dadayan, président du Comité exécutif du Homenetmen France : “ C’est le fruit de près de 50 ans de rêves, de projets et de travail ”. Un travail porté par ses 300 membres (un nombre qui est en constante augmentation depuis septembre 2025), devenus au fil du temps de véritables bénévoles, mobilisés à chaque étape du projet dès que le besoin s’est fait sentir. Pour rappel, l’association ne compte aujourd’hui qu’un seul salarié pour faire vivre ce complexe : son directeur, Harmik Ohanians.

Le lieu a été conçu comme un espace de formation et de transmission : des salles spécialement aménagées pour les activités scouts, des bureaux administratifs flambant neuf, ainsi que plusieurs salles de classe, faisant de ce centre un véritable pôle éducatif et associatif. Au cœur du bâtiment, un vaste gymnase de 1 200m², équipé de gradins pouvant accueillir jusqu’à 300 spectateurs. Le centre abrite également un restaurant intégré (qui ouvrira sûrement ce mois de janvier), un véritable espace de convivialité permettant à la communauté de se retrouver autour d’un repas. Une salle polyvalente de 400m², pouvant accueillir jusqu’à 380 personnes, offrant un cadre idéal pour des événements privés, professionnels ou culturels. Un parking souterrain de 60 places vient faciliter l’accès au site. 

Pour assurer la pérennité financière du centre, le Homenetmen a déjà mis en place un modèle économique clair : louer son gymnase en journée, ses salles de classes et sa salle polyvalente, ce qui permettra de générer des revenus. A cela s’ajoutent les cotisations et les participations des adhérents qui contribueront à renflouer les caisses. L’association prévoit également de faire une demande auprès de la ville d’Issy-les-Moulineaux pour obtenir d’éventuelles subventions. 

Disposer de son propre site permet de centraliser toutes les activités proposées pour ne former qu’un seul et unique ensemble, afin d’offrir un espace moderne et sécurisé, dans le but de renforcer la transmission de la culture arménienne en dynamisant la vie associative locale, ce que souhaite André Dadayan : “ On a envie que ce centre devienne le cœur de la communauté arménienne, que ce soit avec des événements ou bien de par la culture et les traditions arméniennes ”. 


Pour toutes questions sur la location de salle ou pour tout autre renseignement, contacter l’association sur leur site 

https://www.homenetmen.fr/le-centre/, 

par courriel à france@homenetmen.org ou bien sur leur compte 

instagram @homenetmenFrance.


par Anne Marie MOURADIAN 10 mai 2026
A l’approche des élections législatives du 7 juin, l’Europe apporte son soutien au Premier ministre arménien, jugeant sa réélection “ essentielle à la paix, à la stabilisation dans la région et au maintien du rapprochement de l'Arménie avec l'Occident ”.
par Varoujan MARDIKIAN 1 mai 2026
Comment les Arméniens rescapés du Génocide ont-ils vécu leur installation à Alfortville ? Quel regard le pays d’accueil a-t-il porté sur leur intégration ? Fruit d’un partenariat entre la MCA d’Alfortville et l’Association ARAM de Marseille, l’exposition organisée à Alfortville par l’historien Sevan Ananian, avec le soutien de la municipalité, revient sur cette période.
par Peniamin HAGI MANOUGIAN 1 mai 2026
Ce 24 Avril marque un double rendez-vous : la ressortie en salles de Sans retour possible (1983), film co-réalisé par Serge Avédikian et Jacques Kébadian, et la publication d'Un mur contre l'oubli, ouvrage conçu par ce dernier à partir de cette matière filmique. À cette occasion, Serge Avédikian revient sur un geste cinématographique né de la nécessité de transmettre et de faire mémoire, dont la portée et les résonances se prolongent encore aujourd'hui.
par Almasd LELOIRE KERACKIAN 1 mai 2026
Des souvenirs familiaux aux tapis rouges des Oscars, il trace un parcours singulier entre héritage, identité et création. À travers ses films, il explore l’intime pour mieux toucher à l’universel et porter une voix encore trop rare à Hollywood. Le film qu’il a coproduit Sinners (Les Pécheurs) avec le réalisateur Ryan Coogler et son épouse Zinzi Coogler a été nommé dans 16 catégories aux Oscars. Sinners a remporté quatre statuettes.
par Harout MARDIROSSIAN 1 mai 2026
On ne le sait pas suffisamment, mais le HOM, les Croix de secours arméniennes, est reconnu comme une organisation non gouvernementale (Ong) qui dispose depuis près de 50 ans du droit à participer plusieurs fois par an aux travaux de l’ONU au sein de plusieurs commissions et conférences. Une présence qui lui a permis de “ porter la voix des femmes arméniennes ” comme l’a confié à France Arménie, Aroussiag Melkonian, la présidente au niveau mondial du HOM.
par Tigrane YEGAVIAN - Photos Melkon AJAMIAN 30 avril 2026
À deux mois du scrutin législatif du 7 juin 2026, rendez-vous électoral crucial pour l'avenir de l'Arménie, la transnation arménienne s'est réunie à Paris les 11 et 12 avril 2026. Organisée à la Maison de la Mutualité, cette conférence de mobilisation de la Diaspora arménienne a bénéficié de la logistique et des réseaux de la FRA Dachnaktsoutioun en Diaspora et s'est donnée pour mission de faire entendre une autre voix, un autre positionnement politique articulé autour de la défense intransigeante de la Cause arménienne. Dans un contexte de crise existentielle sans précédent, cet événement a marqué l'émergence d'un contre-narratif face au discours officiel d'Erevan, une affirmation claire d'une arménité fondée sur la résistance et la dignité — et non sur la résilience passive
par Varoujan MARDIKIAN 30 avril 2026
À un mois et demi des élections et en plein processus de normalisation des relations avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, le message du 24-Avril de Nikol Pachinian a torpillé les fondamentaux de la Cause arménienne
par Sacha VAYTET CAZARIAN 30 avril 2026
111 ans après le Génocide des Arméniens, les commémorations ont une nouvelle fois rassemblé largement, mêlant recueillement, engagement et transmission aux nouvelles générations. Preuve en est, la présence exceptionnelle du Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de la cérémonie républicaine du 24-Avril
par Tigrane YEGAVIAN 30 avril 2026
Entre crises économiques, tensions géopolitiques et guerres régionales, les Arméniens de Syrie, du Liban et d'Iran ont commémoré le 24-Avril dans des conditions exceptionnellement difficiles. Alors que ces communautés historiques, autrefois poumons de la Diaspora arménienne, luttent pour leur survie, le silence d'Erevan résonne comme un abandon.
par Zmrouthe AUBOZIAN 30 avril 2026
111 ans sont passés depuis le funeste 24-Avril-1915 à Constantinople et 61 ans depuis la première commémoration publique de ce Génocide.