Quatre otages enfin libres
par Harout MARDIROSSIAN
Le 14 janvier, on a appris avec surprise la libération de quatre otages arméniens détenus à Bakou. Une bonne nouvelle qui ne doit pas faire oublier que dix-neuf autres otages restent détenus illégalement par Bakou, dont les anciens dirigeants de l’Artsakh.
La bonne nouvelle est arrivée le 14 janvier alors que personne ne s’y attendait, signe que les négociations ont été conduites dans le secret le plus strict. L’Azerbaïdjan a procédé à la libération de quatre prisonniers arméniens détenus pour certains depuis près de 1 900 jours. Gevorg Sujyan, Davit Davtyan, Viken Euljekjian et Vagif Khachatryan ont été remis aux autorités arméniennes au pont de Hakkari dans le Siounik et c’est Nikol Pachinian qui s’est chargé d’annoncer lui-même l’information sur sa page Facebook.
Immédiatement, ils ont été pris en charge médicalement pour un examen complet de leur état de santé qui n’a pas été jugé alarmant pour trois d’entre eux alors que pour le plus âgé, Vagif Khatchatryan, qui souffrait de problèmes cardiaques avant son arrestation des examens complémentaires ont été menés. Mais comme il l’a déclaré à la ministre de la Santé Anahit Avanissyan venue les voir : “ Je vais mieux car je suis en Arménie ”.
Gevorg Sujyan et Davit Davtyan avaient été arrêtés dans le corridor de Berdzor le 11 novembre 2020 soit deux jours après le cessez-le-feu. Ils avaient été condamnés à 15 ans de prison en juillet 2021 sous l’accusation d’être des commandos envoyés d’Arménie pour effectuer des opérations de sabotage, alors qu’il s’agit de deux jeunes civils originaires d’Artsakh qui cherchaient au contraire à sortir du pays pour se rendre en Arménie.
Vicken Euljekjian est un citoyen arméno-libanais qui avait fait le choix de retourner vivre en Arménie et plus particulièrement à Chouchi où il s’était établi avec sa famille. C’est en voulant récupérer quelques biens personnels dans sa maison qu’il avait été arrêté. Il a été condamné en juin 2021 à 20 ans de prison au motif fallacieux d’être un mercenaire libanais. Les autorités libanaises avaient à plusieurs reprises appelé à sa libération.
Vagif Khatchatryan est âgé lui de 69 ans et a été arrêté le 29 juillet 2023, alors qu’il était transféré en ambulance par la Croix-Rouge vers l’Arménie pour des problèmes cardiaques. Extrait de l’ambulance au pont de Hakkari, il avait été emmené par les militaires azerbaïdjanais vers une destination inconnue. Il avait été condamné à 15 ans de prison, autant dire la prison à vie, au motif qu’il aurait combattu durant la guerre de 1990 à 1994 et qu’il aurait participé à l’opération de Khodjalou. Un point qu’il a toujours fermement rejeté.
Et si on peut se réjouir de leur libération, on ne peut pas oublier que dix-neuf autres otages, dont les anciens dirigeants de l’Artsakh, restent encore en détention à Bakou et qu’ils auraient dû être, eux aussi, libérés. En échange de la libération des quatre prisonniers arméniens, deux mercenaires djihadistes syriens Yousef al-Hajji et Muhrab al-Shkheri, ont été transférés le même jour vers la Syrie en passant par la Turquie, avec la promesse qu’ils poursuivraient leur peine en Syrie. Ils avaient été condamnés à la prison à vie pour différents crimes de guerre commis durant la guerre d’Artsakh dont le meurtre et la torture de plusieurs civils. Dès lors, on comprend que c’est la Turquie qui a joué un rôle d’intermédiaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans cette double libération.
L’ensemble de la classe politique arménienne s’est félicitée de la libération des quatre otages arméniens. La FRA Dachnaktsoutioun a aussi appelé à la libération intégrale et inconditionnelle des dix-neuf prisonniers restants, conformément à l’accord du 9 novembre et à toutes les normes du droit international humanitaire. “ Ce sont des otages pour obtenir de nouvelles concessions politiques de l’Arménie ” indique la FRA d’Arménie.

Notre éditorial du mois d'Octobre 2026 KAKISTOCRATIE Merci à George Clooney d’avoir remis au goût du jour ce mot « Kakistocratie » qui désigne un pays dirigé par les personnes les moins qualifiées. Certes, pour Clooney, ce terme visait le gouvernement américain dirigé par Donald Trump, mais il apparaît également totalement approprié pour l’Arménie tant nous sommes sidérés par l’amateurisme dont fait preuve dans tous les domaines le gouvernement de Nikol Pachinian.

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L’histoire de l’industrie pétrolière de Bakou remonte au milieu du 19e siècle. La découverte du pétrole attira un grand nombre d’Arméniens, parmi lesquels deux figures emblématiques, aux noms russifiés : Yvan Mirzoev qui fora le premier puits de pétrole en 1871 et Alexander Mantashev, industriel, magnat du pétrole et philanthrope.

Il est des livres qui passent sous les radars des rentrées littéraires, échappentaux modes, aux prix et aux conversations convenues, alors même qu’ils portenten eux une véritable nécessité intérieure. Tel est le destin injuste des troisrecueils d’aphorismes que Denis Donikian a publiés l’an dernier:L’intime,l’infime, l’infini, AnapatetÊtre ou ne pas naître. Trois livres qui composent moinsune trilogie qu’une longue méditation sur la condition humaine.

Du 12 au 19 juillet 2026, Erevan a vibré au rythme de la XXIIIe édition du Golden Apricot Yerevan International Film Festival (GAIFF / Vozké Dziran). Fondé en 2004, l’événement s’est imposé au fil de plus de deux décennies comme un rendez-vous cinématographique de premier plan dans le Caucase et sur la scène internationale. Le point d'orgue a été, sans conteste, la présence de Simon Abkarian et Sev Ohanian.



