Un Que sais-je sur l’Église arménienne
par Tigrane YEGAVIAN
Le pasteur René Léonian publie un ouvrage (1) qui dresse une véritable généalogie spirituelle et culturelle d’un peuple façonné par la foi chrétienne, depuis les premières heures du christianisme jusqu’aux recompositions contemporaines. Un livre didactique, visuel et profondément engagé, qui s’attache à montrer que, pour l’Arménie, le christianisme a agi comme un moteur de cohésion nationale et un repère intemporel permettant à son peuple de traverser les siècles malgré les coups du sort.
S’il tient à souligner la présence d’un christianisme arménien bien antérieur à 301, René Léonian commence son récit au début du IVᵉ siècle, moment où l’Arménie devient le premier pays à adopter le christianisme comme religion d’État, avant même Rome. Cette conversion, portée par saint Grégoire l’Illuminateur et le roi Tiridate III, n’est pas seulement un événement spirituel, elle donne naissance à une culture nationale articulée autour d’une foi commune. L’auteur retrace ensuite l’évolution d’une Église profondément enracinée dans l’espace arménien, qui servira de rempart culturel contre les puissances impériales successives — Perses, Byzantins, Arabes puis Ottomans — et permettra la préservation de la langue, de l’histoire et du lien communautaire. À travers ces siècles, la narration ne se contente pas d’aligner des dates et des faits : elle les relie à la manière dont la foi a façonné la conscience collective, transformant chaque difficulté en une occasion de renouvellement spirituel et commun. Cette lecture historique est l’une des grandes forces de l’ouvrage, car elle montre comment l’Église est devenue un “ peuple en formation continue ”, dans lequel la religion et l’identité sont inextricablement liées.
Ce qui distingue également cette œuvre, c’est son usage didactique des cartes issues de l’atlas de Claude Mutafian et Éric Van Lauwe. Disposées de manière stratégique dans les chapitres, ces cartes permettent au lecteur de visualiser les transformations territoriales et les dynamiques géopolitiques de l’Arménie à travers les âges. Les suivre, c’est comprendre comment un petit territoire, souvent réduit à une portion de son ancienne configuration, a su garder une présence géographique forte dans les mémoires et les imaginaires, grâce à l’empreinte durable de ses monastères, de ses villages et de sa diaspora. En plus des cartes, l’ouvrage est enrichi de photographies soigneusement sélectionnées : églises rupestres, monastères anciens, icônes lumineuses, paysages sacrés… La continuité entre les images et le récit construit un effet d’“ immersion pédagogique ”, rendant accessible une histoire complexe.
Un fil historique orienté par la foi
Au cœur de l’ouvrage se trouve une idée simple mais puissante : le christianisme a été et reste un ciment du peuple arménien. Pas seulement comme religion, mais comme facteur de survie culturelle et sociale. Même au XXᵉ siècle, dans les pires épreuves — notamment les massacres et le Génocide de 1915 —, l’Église n’a jamais été seulement un mur d’enceinte spirituel : elle a été un “ foyer de mémoire collective ”, un médiateur entre les déchirures, et un marqueur d’appartenance pour ceux qui, dispersés dans le monde entier, continuent à se définir comme Arméniens. René Léonian montre aussi comment les institutions religieuses ont joué un rôle éducatif, linguistique et intellectuel, faisant de l’Église un pivot autour duquel s’articule toute une civilisation. Ce faisant, il met en lumière une vérité souvent méconnue : pour l’Arménie, la foi chrétienne n’a jamais été une simple affaire de dogme, mais un principe constitutif de l’appartenance à un peuple unique, résilient et historiquement déterminé par la croix autant que par les carrefours géopolitiques. En conséquence, l’auteur a rédigé le Que sais-je sur l’Église arménienne que l’on attendait.
Arménie, terre chrétienne hier et aujourd’hui, René Léonian, Salvator, 2025, 256 pages, 20 €.

Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.

Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։

Notre numéro de juillet-aout 2026 est parti chez nos abonnés avec en couverture Simon Abkarian pour son rôle majeur dans le film De Gaulle. L'occasion de se poser la question si ce refus de la capitulation et ce choix de la résistance chez De Gaulle n'est pas l'exemple à suivre pour les Arméniens. Nous revenons aussi sur les élections législatives en Arménie et la victoire contestée de Nikol Pachinian, mais nous aurons aussi une large page culture et 2 reportages photos sur le Siunik à emmener aec vous sur les plages, la montagnes ou en Arménie cet été.

« Les Journées Adamov en Arménie » constituent un projet porté par la Cie Saté-Âtre afin de promouvoir le théâtre contemporain français en Arménie tout en valorisant la culture arménienne en France et à l’international. Redécouvrir l’œuvre d’Arthur Adamov s’inscrit pleinement dans cette démarche : dramaturge majeur du XX e siècle, il représente un véritable pont culturel entre les deux pays.





